LANCOME - MIRACLE pour homme

 

Un des moments les plus improbables de ma carrière a été ma contribution à l’industrie des produits de luxe. J’étais à Cannes pour je ne sais plus quel film, quand on me demande de rencontrer le patron de Lancôme pour parler d’une publicité pour un parfum pour homme.  Après 10 minutes de rendez-vous, je comprends que je ne suis pas pressenti pour « réaliser » la pub, mais pour en être le « mannequin ».

Vous pouvez répéter la question ? 

L’impact de « AMELIE » était très présent et sans m’en rendre compte j’étais devenu un acteur romantique. Je rappelle au patron de Lancôme que je suis aussi le réalisateur de LA HAINE et de ASSASSIN(S), deux films moyennement romantique, mais c’est également la raison pour laquelle il m’avait choisi. J’ai trouvé sa démarche osée et à l’opposé de mes convictions, j’ai saisi l’opportunité de brouiller encore plus les pistes… Et de prendre le temps avant de choisir mon prochain film.

La campagne a fait le tour du monde, j’étais dans tous les aéroports du globe. Une expérience « enrichissante » à tous les points de vue. Si vous avez un grand nez et qu’on vous propose de mettre votre tête sur tous les murs du monde, essayez, ça fait du bien à l’ego.

La cerise sur le gâteau était pendant la campagne d’affichage nationale où j’ai vu un jour un graffiti sur une affiche : « TOUTE SOCIETE A LA PUB QU’ELLE MERITE », une référence a l’affiche d’ASSASSIN(S) qui affirmait que « TOUTE SOCIETE A LES CRIMES QU’ELLE MERITE ».

Bien vu.

Merci à Dominique Segal, Jérome Bartau et à Fabrice Boé-Dreyfus patron de Lancôme à l’époque d’avoir pris le risque de choisir une personnalité qui ne rentre pas dans les critères de ce commerce et de m’avoir permis de devenir propriétaire d’une magnifique maison que j’appelle encore aujourd’hui, MIRACLE HOME.

Mathieu Kassovitz

PS : J’ai finalement réalisé la pub. Le premier jour de tournage s’est déroulé au Canada, un certain 11 Septembre 2001. Quelques mois plus tard, je tombe sur cette association d'image mise cote à cote par hasard dans la presse...