Saturday, January 26, 2008

Droit à un toit


"Le droit à l'hébergement, c'est une obligation humaine. Si on n'est plus choqué quand quelqu'un n'a plus un toit lorsqu'il fait froid et qu'il est obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la société, où vous voulez que vos enfants vivent en paix, qui s'en trouvera remis en cause."
"Je veux si je suis élu président de la République que d'ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid"

Nicolas Sarkozy.



Mardi 8 janvier 2008, André, un homme sans domicile âgé de 62 ans est mort dans un bois, sous les arbres, assis sur sa chaise d'handicapé sur laquelle il “vivait”. Son corps sans vie a été découvert par son ami Patrick, qui partage sa galère au quotidien depuis 3 mois et qui dormait à ses cotés sous une bâche et une couverture.
Pas de tente. Pas de protection.
Patrick et André se sont rencontrés 3 mois plus tôt dans un foyer de la Croix-Rouge française, ils ont sympathisé au point que Patrick s’occupait de son ami à mobilité réduite, ils faisaient la manche ensemble et partageaient tout ce qu’ils pouvaient. En décembre 2007, André a été radié des personnes prises en charge par la Croix-Rouge. Sans que Patrick puisse expliquer pourquoi, ils ont simplement mais fermement demandé à André de quitter les lieux car il ne remplissait plus le “profil”. Quand Patrick, qui lui-même avait accès à un lit au chaud, a compris que son ami partait sans même un sac de couchage, il a décidé de le suivre (ou plutôt de le pousser) jusque dans les bois, à l'écart de tout, même de nous, les “voisins”, car leur discrétion et leur volonté d'indépendance les rendaient invisibles.
Ils ne voulaient plus rien de l'extérieur.
Cela faisait 37 jours qu’ils étaient dans les bois. Ils ont dormi par des températures allant jusqu'à -10°, sous la pluie.
Tous les matins, je sortais de chez moi et je souffrais du froid, une épaisse couche de verglas et de glace blanchissait entièrement le bois.
Tous les matins, je suis passé à côté d’eux sans les voir.

Patrick a décidé de ne pas laisser son ami mourir pour rien. Il a écrit une lettre que voici :

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Le 22 janvier 2008

Patrick Petit
Bois de Vincennes,
Angle av. de la Dame Blanche
Et rue de la Pépinière


Lettre ouverte à Monsieur le Président, Messieurs les ministres, la Croix Rouge Française

Un homme, M. Gérard, est décédé dans la nuit du 7 au 8 janvier dans le Bois de Vincennes. Vous n’avez rien fait pour lui. Cette personne était handicapée, dans un fauteuil roulant. Je vous tiens donc tous pour responsables de son décès. Il allait avoir 62 ans.

D’autre part, il vous avait envoyé des courriers, auxquels vous n’avez pas daigné répondre.
Je vous annonce que j’ai entamé une grève de la faim depuis le 15 janvier, et tant que vous n’aurez rien fait pour les SDF du Canal St. Martin, malgré les promesses que vous leur avez faites il y a un an, je n’arrêterai pas.

Recevez, Messieurs, Mesdames, mes salutations distinguées.

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André est donc mort dans la nuit du 7 janvier 2008 dans le bois de Vincennes et Patrick dort toujours dans les mêmes conditions et au même endroit. Il a enfin accepté une tente, dans le seul but de pouvoir commencer sa grève de la faim, malgré nos discussions sur le bien-fondé d’une telle action dans le froid et à l'écart des regards. Patrick reste déterminé, il dit qu’il n’a plus rien à perdre.

Un petit groupe grandissant de voisins a décidé de l’aider à faire connaître son combat.

Si je me permets de publier cette lettre avec son accord, c’est parce que ma vie personnelle a été depuis longtemps mélangée à celle de la pauvreté, que ce soit celle des autres ou celle de ma propre famille. Je ne fais pas cela dans le but de m’attirer des fans ou des ennemis, mais juste dans le but citoyen de faire résonner un problème qui touche tous les Français et en menace une grande partie ; nous avons tous dans nos familles des personnes qui sont à la limite de cette grande pauvreté ou qui ont déjà les deux pieds dedans.

André était un homme qui luttait pour se sortir de sa situation. Le gros dossier plastifié bien rangé rempli de sa vie administrative que garde précieusement Patrick le prouve. Il était un ancien compagnon d’Emmaüs, un cuisinier qui a passé 20 ans auprès de l’Abbé Pierre, qu’il tutoyait. Dans les pages du dossier, Patrick me montre des articles sur Augustin Legrand et les Don Quichotte, annotés et soulignés par André pour appuyer des idées et des revendications. Des articles sur l’Abbé et Emmaüs, sur les propositions non tenues des différents gouvernements face aux mal-logés et à la misère.
André, qui était déjà blessé à la jambe, est devenu handicapé suite à une grève de la faim qu’il avait entreprise par solidarité avec le combat des Don Quichotte, l’année précédente, sur le canal Saint-Martin. Sa grève de la faim, il l’a faite seul, pendant deux mois, à l'écart des médias, juste par conviction politique.

Les histoires de ces “SDF”, comme on les résume en trois lettres, sont inquiétantes de banalité tragique.

Il y a quelques jours, j’ai relevé un homme au sol dans Paris qui ne tenait plus debout. Il marchait sans cesse pour ne pas s'asseoir par terre et s’effondrait car il ne mangeait plus. Il vivait dans la rue depuis un an et se tenait propre, il ne buvait pas, donc ne dormait pas.
Il y a deux ans, Xavier était VRP, il avait un appartement dans Paris, une femme et un enfant. Il a perdu ses points sur son permis, son employeur l’a donc viré, sa femme est partie avec son gosse, il a perdu l’appartement en moins d’un an.

Ou ce couple avec deux enfants qui gagne 2500 euros à deux mais qui ne peut pas trouver de logement car les conditions de locations surréalistes les forcent à vivre dans une pièce de 12m2 dans un hôtel insalubre, à 4 dans le même lit, pour 1500 euros par mois...

Ou ce jeune de banlieue parisienne qui a décidé de partir de son quartier pour pouvoir élever dignement ses enfants et qui se retrouve sans travail à Lyon, dans une autre cité ghetto moins violente, mais tout aussi désespérée, qui n’a aujourd’hui d’autre soutien que les Restos du Coeur...

Ou cet homme qui perd sa femme et son fils, victimes d’un chauffard sur un passage clouté...

Ou...

Ces histoires simples, il en existe 7 millions en France. 10 % de la population vit dans la plus grande pauvreté suite à des histoires personnelles qui sont si proches des nôtres qu’on ne peut que s’identifier, pour peu qu’on leur prête une oreille.
C’est certainement pour cette raison que nous préférons laisser faire en regardant ailleurs. Mais on ne se débarrassera pas des SDF en les laissant mourir un par un ; d’anciens “bien-logés”, dont nous faisons partie, viendront bientôt remplir les rangs.

Comme je l’ai déjà dit dans une lettre précédente, l’Histoire a toujours prouvé qu’elle se répétait. Et elle le prouve de nouveau. Mais face à ce nouveau fossé mondial entre riches et pauvres, notre Histoire peut prendre deux directions :

Soit les peuples se taisent et subissent les Etats et leurs discours démagogues et sécuritaires véhiculés par les médias, créant des haines qui déclenchent sans coup faillir les guerres, comme on a pu l’observer en 1933 en Allemagne, et en 2001 aux Etats-Unis, entre autres.

Soit les citoyens déclarent qu’ils en ont assez de subir cette politique de l’autruche et forcent leur gouvernement à repenser en profondeur les fondements mêmes de nos institutions.

Pour cela, nous avons les élections, qui restent limitées au choix qui nous est offert, mais qui restent sans doute la “moins pire des solutions”.

Mais une fois que nous avons élu un président, nous nous devons de lui faire respecter sa parole si généreuse et sociale en période électorale. Les raisons mêmes de son élection.

La misère est la base même de tous problèmes de sociétés, c’est en remontant les problèmes de la source que nous pouvons faire face à nos responsabilités, ne pas regarder un homme ou une femme qui dort dehors, qui ne mange pas à sa faim, qui ne peut pas élever ses enfants dignement. Ne pas vouloir comprendre son histoire, ne pas croire en son potentiel et en son droit absolu de vivre normalement est criminel.

C’est le rôle de l’Etat de prendre soin des siens. C’est la raison pour laquelle nous travaillons et payons des impôts. Pour nous protéger, non pas d’une bombe atomique de terroristes préfabriqués par nos soins ou d’un pays virtuellement ennemi, mais plus simplement dans notre vie quotidienne, celle qui consiste à garder la tête hors de l’eau et à essayer de profiter un minimum du peu de temps qu'elle nous réserve.

C’est la raison pour laquelle nous sommes une démocratie et que nous acceptons les règles du jeu.
Nous devons faire confiance à nos dirigeants, mais leurs actions doivent être irréprochables et toujours dirigées vers le peuple, vers cette “France d’en bas” qui leur a donné raison en entendant leur promesses.

Heureusement, pour faire tenir leurs promesses à nos dirigeants, il existe ceux qui sont prêts à tout, jusqu'à leur propre sacrifice ; André en est un exemple parmi d’autres, tout comme l’Abbé Pierre qui a voué sa vie pour mener ce combat simple et fondamental : un toit pour tous.

J’ai eu la chance de rencontrer l’Abbé quelques mois avant sa mort. Il était fatigué et déçu. Il avait l’impression de n’avoir rien obtenu pour ceux qu’il défendait. Il était triste de ne pas voir arriver de “relève” citoyenne à défaut de relève politique, à laquelle il ne croyait plus.

L’année dernière, Augustin Legrand, un simple citoyen, a fait prendre conscience de l’urgence du problème à la face du monde en décidant de vivre dehors et de réunir les sans-logis pour leur donner une légitimité, un camp, un endroit pour trouver des solutions, pour comprendre. Il a pris un risque personnel pour défendre la cause de ceux qui dorment devant nos portes. Il a fait bouger les choses et continue cette année en mettant le gouvernement face au mur. Il représente —à son corps défendant—, pour moi et pour beaucoup de Français, la continuité du combat de l’Abbé Pierre.

Hiver 54. C'était il y a 54 ans.

Ce qui était explicable dans une France d’après-guerre en reconstruction ne doit plus l'être dans une France moderne, dynamique, riche, influente, combative, comme nous la vendent les hommes et femmes politiques à longueur d'élections. Il faut arrêter de confondre le clochard français pour lequel on gardait un couvert à table dans certains villages, qui avait la gouaille de Boudu sauvé des eaux et la liberté insouciante de La Belle Equipe, avec le SDF social qui n’a pas choisi la rue par révolte ou anarchisme, mais par surendettement, par accident, par hasard...

La dignité de nos concitoyens doit être la vraie priorité de tout gouvernement. C’est en prouvant au reste du monde que nous prenons soin des nôtres que nous pourrons reprendre cette place primordiale dans le contexte mondial actuel, plus importante que la force du commerce ou de la puissance militaire, si fragiles : celle des droits de l’homme, celle d’un pays qui peut arbitrer, décider, influer sur le destin de notre planète... Sinon, nous donnerons toujours raison aux ex-dictateurs qui nous remettent en question avec arrogance, mais bon sens.

Sans justice, pas de paix. L’Histoire nous le prouve encore et encore.

Tout comme André, l’Abbé, Augustin et beaucoup d’autres, Patrick a pris la décision de continuer ce combat à sa façon.

Espérons que ceux à qui il s’adresse l'écouteront lui, ainsi que tous les hommes, femmes, et enfants que Patrick souhaite humblement représenter.


mk

Friday, October 27, 2006

Votez le Pen



Voilà enfin le début d’une nouvelle aire.

Le journalisme civil commence a prendre une place prépondérante et se propage sur la toile comme un virus qui dérange le sommeil des dirigeants de notre planète, et qui met les soit disant médias indépendants face a leur irresponsabilité.

Ce nouveau journalisme existe sous forme de blog, de sites, et de films vus par des millions de personnes, accessible a tous, gratuitement.

Un des exemples le plus marquant est le film “Loose change”, un doc d’une heure mettant en lumière les aberrations des événements tragique de 9/11. Doc extrêmement bien documenté et diffusé sur internet avant d’être censuré, son auteur fait preuve d’un courage hors norme. Faire face au tank médiatique dirigé par Fox news et d’autres méga médias, pour justifier une guerre injustifiable, demande également une part de folie.

A la différence des documentaires professionnels financés par les chaînes de télé, le manque total de budget de ces films obligent les cinéastes à voler les images des chaînes publics ou privés et n’ont donc pas la possibilité de les diffuser commercialement. Des citoyens qui dénoncent un état de fait qu’ils refusent d’accepter, sans autre but que de rétablir une vérité, de réveiller des consciences.

On peut regarder ces films avec dédains, mettant en balance leur crédibilité. Je pense la même chose des médias traditionnels. Je préfère encore la version populaire à celle formatée par les guides éditoriaux immuables des médias officiels.

Ces films semis professionnels sont réalisés par des citoyens qui profitent de la technologie pour s’exprimer librement tant qu’ils en ont la possibilité.

Résultat. Ces films circulent sur les sites comme Youtube, Dailymotion et sont extrêmement vus dans le monde entier, malheureusement, ils ne restent pas longtemps “à l’affiche”. Vite pointés du doigt par les personnes concernées ils sont censurés sans délais.

Je pense que le liens que je vous propose ne va pas rester actif longtemps.
Alors regardez jusqu’au bout ce film fait par des gens que je ne connais pas mais dont je partage totalement le point de vus.
Quelque soit la démagogie dont Nicolas Sarkozy va faire preuve dans ces prochains mois, voici un résumé de ce qu’il a dit et assumé. Ce doc n’est que la partie immergée du personnage. A ne pas oublier quand vous voterez pour les élections présidentielle... Si vous votez bien sur.

http://www.dailymotion.com/swf/4UrTuY67yh3y31nL2

Mr le Ministre de l’intérieur,

Cette lettre qui ne vous était pas directement adressée mais à laquelle vous avez promptement répondu, n’est pas comme vous le laissez entendre, un pamphlet en l’honneur des casseurs, ni une insulte aux pompiers caillassés et aux policiers blessés. Le simple fait que vous détourniez mes propos pour éviter de répondre aux vraies questions, confirme votre aveuglement face à votre responsabilité dans ces événements.
Quoi que vous puissiez dire, les quartiers de France ont bel et bien explosés quelques heures après vos mots dur et blessant, malencontreusement stigmatisés par un accident qui a vu la mort de deux adolescents dans des conditions atroces. Accident tragique, et tellement symbolique des conditions de vie des quartiers de France. Ces gymnases, ces voitures et ces écoles qui brûlent, dont vous m’accusez de n’avoir que faire, j’en parlait déjà il y a 10 ans dans « La HAINE » , que vous évoquez sans même, je pense, l’avoir vu.
Je n’ai pas besoin de vivre dans une cité, ni d’avoir fait de hautes études pour comprendre que ces institutions sont les représentants d’un Etat qui renonce à regarder le problème en face et qui continu, gouvernement après gouvernement à se rejeter les responsabilités comme vous le faites si brillamment.

Vous n’êtes pas responsable dites vous.

Les policiers et les pompiers qui ont courageusement défendu vos bavures , sont les malheureuses victimes de votre politique agressive, tout comme les habitants des quartiers qui y ont perdu leurs véhicules et pour certains leur moyen de subsister.

Ne rejetez pas la responsabilité de vos propos sur une situation dont nous connaissons tous l’histoire, si vous n’êtes pas le seul responsable des problèmes des banlieues, vous en êtes le symbole politique, et vos propos ont allumé la mèche d’une révolte qui vous a dépassé. Que vous vous offusquiez qu’on vous prenne pour cible me surprend et me fait douter de votre capacité à vous remettre en cause.

Vous avez raison quand vous dites que « l'ordre républicain n'est pas l'adversaire du progrès, mais bien son allié. », mais pour rétablir l’ordre républicain dans les quartiers il faut que les représentants de cette république soient au dessus de tout soupçons.
Vous avez magnifiquement géré, comme à votre habitude, l’impact de ces émeutes et des images auprès des medias et vous avez bien heureusement donné des instructions de retenue aux forces de l’ordre, mais ne résumez pas le comportement de la police à ce qu’il s’est passé sur ces quatre dernières semaines face aux medias du monde entier. Vous le savez, le problème de respect entre la police et les jeunes ne date pas d’aujourd’hui. Les gouvernements de gauche ou de droite, vont et viennent mais ce problème persiste au quotidien. Depuis des générations maintenant.
La mort brutale de Malik OUSEKINE, suivie par les remarques inhumaine de Charles Pasqua (un de vos prédécesseurs), datent de bientôt 20 ans. La mort de Makomé, abattu de sang froid dans un commissariat du 18eme, et de nombreux autres, victimes de la perte des valeurs républicaines que vous défendez, parsèment l’histoire de la France d’aujourd’hui. C’est ce passé, lourd en injustices qui alimente notre présent. Je vous demande juste de ne pas l’oublier, même si vous n’en êtes pas directement responsable.

Il faut rééduquer les esprits, pas les manipuler. Cette mésentente entre les forces de l’ordre et les jeunes des cités est un problème profond qui ne sera résolu qu’après un réel travail d’éducation auprès des deux partis.

Non, je ne suis pas contre la Police, au contraire, je souhaite comme tous les citoyens de ce pays, une police plus considérée, plus éduquée, plus respectée, plus humaine... Une Police en laquelle je peux faire confiance avec ma sécurité personnelle et celle de mes enfants, quel que soit ma position sociale, ma couleur de peau, mon âge, mes croyances… Quand vous évoquez le retour des valeurs républicaines, n’oubliez pas que pour obtenir du respect, vous devez inspirer le respect. Si la police a perdue le respect qui lui est dû, peut être devriez vous vous posez encore une fois les vraies questions.

Vous vous dites tendu vers l’avenir, mais vos méthodes sont répressives et obsolètes. Vous cédez à la panique et votez le retour d’une loi militaire déterrée d’une des pages les plus sombre de l’histoire de notre pays. Le choix de cette loi symbolique fait honte à la France et à votre classe politique.
Encore une fois, vous n’êtes pas responsable. Comme d’habitude.

Vous terminez votre lettre par cette phrase terrible qui conclue froidement tel un chef d’entreprise devant un bilan négatif, que« Depuis tant d'années, beaucoup d'argent a été engagé, beaucoup d'efforts ont été entrepris par les services de l'Etat comme par les acteurs de terrain. Les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. » .
Pensez vous pouvoir diriger la France comme une vulgaire multinationale ? Sachez que les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes d’une France que vous, les politiciens de tout bord, ne regardez pas dans les yeux depuis trop longtemps.
Pensez-vous pouvoir « licencier » ces jeunes qui vous font de l’ombre ? Les nettoyer comme des déchets sur un trottoir ? L’équilibre démocratique n’a jamais trouvé sa source dans la répression, et vous le savez, si solution il y a elle est dans l’aide sociale et la compréhension des problèmes. Si vous ne continuez pas le dialogue, que va t’il se passer ? Il est de votre devoir ainsi que celui des institutions Française de répondre à la violence avec intelligence pour éviter de perdre le contact avec une jeunesse dont certains pourraient basculer dans d’autres formes de violences plus extrêmes et réellement dangereuses.

Vous n’êtes pas responsable. Effectivement je pense que vous êtes irresponsable.

En vous promenant à Argenteuil à 23 heures, entouré de policiers et de journalistes, vous avez sans doute voulu apprécier comme un citoyen lambda, l’ambiance de la vie d’un quartier, et non pas provoquer une confrontation inévitable. Quand à vos « quelques mots », en affirmant haut et fort que vous alliez « nettoyer les cités au Karcher », vous vouliez certainement dire : « Réhabiliter et nettoyer ces immeubles vétustes dans lesquels des enfants tombent dans des cages d’ascenseurs pour cause de mauvais entretiens et aider les familles qui payent leurs impôts comme tout le monde à retrouver un environnement et un respect depuis longtemps perdu», et quand vous avez menacé les « racailles » de vous débarrasser d’eux, vous vouliez dire, « Mettre en prison pour longtemps les quelques personnes réellement dangereuses et généralement connues des services de police et offrir à toute une partie de cette jeunesse la possibilité d’entrevoir un avenir différent à travers une action sociale cohérente et généreuse pour les faire sortir de la petite délinquance.».

Comme beaucoup de Français, j’ai dû mal vous comprendre.

Le combat que vous voulez mener Monsieur le Ministre, nous voulons tous le mener avec vous, et mis à part les quelques vrais voyous qui entretiennent la violence à travers les « réseaux » de la drogue et qui empoisonnent la vie de l’ensemble des habitants des quartiers, tout les autres, y compris les jeunes à casquette que vous appelez « racailles » et dont certains encombrent aujourd’hui vos prisons, ont le même désir : Ils veulent un avenir, des conditions de vie égales à tout les citoyens, un respect, une identité…

Ne voulant pas rentrer dans un débat de mots avec vous, et malgré le respect que je vous dois, je ne souhaite pas vous rencontrer « de vive voix ».
Je comprend votre louable envie de communiquer avec vos adversaires, surtout connus des media, mais permettez moi de m’en tenir à mon statut de citoyen critique et sans attache politique. Contrairement à vous et à ce que vous pouvez dire, je ne représente que ma voix, pas celle d’un parti politique, ni celle de la banlieue, et encore moins celle des casseurs.
Néanmoins, votre invitation montre que vous êtes ouvert au dialogue, j’espère que vous en ferez bon usage avec les personnes directement concernées.

Je vous invite à rencontrer les différents acteurs de la vie des cités et principalement les milliers d’associations de quartiers qui se battent au quotidien pour garder le contact avec des millions d’habitants. Aidez-les, elles en ont dramatiquement besoin.

Je voudrais clore ce court échange en vous assurant mon profond attachement à la culture et aux valeurs de notre pays. Si le débat est si passionné, c’est parce que nous sommes tous concernés. Cette culture ouverte sur le monde nous est spécifique et unique, reconnue par toute les autres nations comme un modèle de politique sociale, même si la réalité à surpris le reste de la planète.
Nous sommes Français, rebelles dans l’âme, quel que soit nos convictions politiques, toujours prêt à se battre pour défendre une cause que nous jugeons honorable. C’est cet état d’esprit que vous défendez à travers vos actions, comprenez que d’autres fassent de même, même si les moyens utilisés sont inadéquates et injustes. Ce sont pour eux le seul moyen de se faire entendre. Le symbole de ces milliers de voitures qui brûlent et de la perte totale de l’autorité politique ne sont pas de simples explosions de violence. Soyez attentif. L’avenir d’une France multiculturelle et anti raciste en dépend.

Déjà les échos des chants de l’extrême droite se font entendrent dans votre camp. Je suis certain que cela vous dégoûte autant que moi.

Cet extrait d’un commentaire posté par un anonyme sur le site en réaction à votre réaction, résume, je pense, les inquiétudes de beaucoup de Français, en tout cas elle résume mes craintes:

« …La grandeur d’un homme politique ne réside pas dans sa capacité à cultiver les peurs du peuple pour y trouver une niche électorale. La grandeur d’un homme d’Etat réside dans sa capacité à transcender la Nation avec conviction et désintérêt personnel. Votre « verbe » vous fera sans doute gagner la confiance des brebis égarées du 21 avril. Votre intérêt personnel vous empêchera de transcender la Nation.(…).Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien… vous êtes en tête des sondages… »

Je voudrais vous laisser avec une dernière pensée qui me vient de mon père, un Hongrois, comme le votre, arrivé en France, terre d’accueil et des droits de l’homme en 1956, pour fuir le régime communiste Russe. Ce n’est pas de la grande philosophie, mais juste un conseil venant d’un homme qui a survécu à des guerres et des révolutions.
« Pour arriver en haut d’une échelle, monte les échelons un par un, tu te casseras la gueule de moins haut ».

A méditer.

En vous souhaitant bonne chance dans votre irrésistible ascension aux plus hautes marches de l’Etat, je vous assure monsieur le ministre de l’intérieur de mes sentiments les meilleurs.

Mathieu Kassovitz.

Tuesday, November 29, 2005

Vous n'etes pas responsable...

Un commentaire signé Nicolas Sarkozy, daté du 22 Novembre, répond à la note postée sur mon site internet quelques jours plus tôt.
Voici recopier ici à l’identique, la lettre, dont l’originale (digital) doit être perdu au milieu des commentaires d’anonymes.

Pour information il est interessant de noter les horaires des messages postés après celui de Sarkozy. Les premiers militants UMP ont postés leur critiques peut parès. Quelques heures plus tard, les premiers drapeaux Front National ont commencés a affluer et à m'insulter. Mettant fin à l'accés au débat...

nicolas sarkozy a dit…

Monsieur,

J'ai pris connaissance de vos propos développés sur votre blog relatifs à la crise qui a traversé plusieurs de nos banlieues. Au-delà de vos flèches caricaturales et provocantes dont je suis la cible, j'ai tenu à vous répondre personnellement car je crois aux vertus du débat et de l'échange, notamment avec celles et ceux qui ne souscrivent pas à mes idées ou mes actes.

Le premier point qui m'a frappé à la lecture de votre blog, c'est qu'il laisse fortement entendre que la crise actuelle a surgi soudainement, comme par un malheureux hasard. Vous l'attachez de façon réductrice et manichéenne à ma personne et à quelques mots prononcés par moi-même… Ces mots, j'assume leur tonalité directe et franche car ils sont fondés sur la réalité d'un quotidien vécu par une majorité de nos concitoyens dans les cités. Au surplus, j'estime que le "politiquement correct" et la langue de bois qui prévaut depuis des décennies ne sont pas indifférents à la montée du vote extrémiste dont je combats depuis toujours les idées et les leaders.

Vous connaissez, semble-t-il, suffisamment "les quartiers" pour savoir, au fond de vous-même, que la situation est tendue depuis de longues années et que le malaise est profond. Votre film, "La haine", qui date de 1995, évoquait déjà ce malaise que des gouvernements, de droite comme de gauche, ont dû gérer avec plus ou moins de réussites. Limiter cette crise aux faits et gestes du Ministre de l'Intérieur, c'est, d'une certaine façon et une fois encore, passer à côté des vrais problèmes. Je mets cela sur le compte d'un coup de cœur mal placé.


Le second point qui m'a heurté, c'est que vous paraissez vous faire, sans nuance, le porte-parole d'une minorité de casseurs plutôt que l'interprète d'une majorité de familles et de jeunes qui vit, elle aussi, dans les cités et qui en a assez de constater que la culture de la violence et des rapports de forces s'est imposée sur celle de l'Etat de droit. Pourquoi n'avoir aucun mot pour ceux dont la voiture a brûlé, les privant ainsi d'un outil de liberté et de travail durement acquis ? Pourquoi ne pas évoquer ces jeunes dont les gymnases ont été réduits en cendres et ces enfants dont l'école est détruite ? Pourquoi, par ailleurs, n'avoir aucune pensée pour les 110 policiers blessés, les pompiers caillassés et les médecins injuriés ? 

Votre proximité affective à l'égard des jeunes des cités est compréhensible et estimable, mais j'ai le sentiment qu'elle vous conduit à accepter ce qui n'est pas acceptable. Ce n'est pas rendre service aux banlieues que de prendre fait et cause pour une minorité dont les actes sont répréhensibles et parfois même meurtriers. Je crois même le contraire. Vivre dans un quartier populaire ou être le fils de parents ou grands-parents immigrés n'autorise nullement à lancer des cocktails molotov sur la police et des pierres sur les pompiers. Laisser entendre le contraire, c'est, selon moi, insulter toutes celles et tous ceux qui, dans des conditions d'existences identiques, se comportent en citoyen responsable.

Je n'ignore nullement le fait que derrière cette crise il y a des facteurs économiques, sociaux et culturels. J'en ai mesuré l'ampleur et c'est pourquoi je défends, notamment, le principe de la discrimination positive ou encore le vote des étrangers aux élections municipales. Il est temps de briser l'égalité de façade dont notre pays est coutumier depuis trop longtemps ! Il est temps de donner toutes ses chances à la France plurielle dont j'estime qu'elle est un atout et non un handicap ! A cet égard, je veux vous dire que la Police est sans doute le service public le plus représentatif de cette France plurielle que j'appelle de mes voeux.

Cette nouvelle impulsion dont les quartiers ont tant besoin, ne peut être engagée en l'absence d'un rétablissement des règles républicaines. Le développement des trafics, des violences, des "tournantes", de l'immigration clandestine, minent tous les efforts que nous pouvons entreprendre. En ces zones de non-droit, l'ordre républicain n'est pas l'adversaire du progrès, mais bien son allié.

Nous sommes en présence d'une des crises urbaines les plus complexes et les plus aiguës que nous ayons eu à affronter. Elle exige de la fermeté et beaucoup de sang froid. Ces sont ces instructions précises que j'ai donné aux forces de police et de gendarmerie. Elles agissent avec une maîtrise et un professionnalisme qui font honneur à notre démocratie. Au cours des quatre dernières semaines, certaines de nos unités ont fait face, dans le calme et la discipline, à une violence dont je vous demande de ne pas sous-estimer la brutalité. 

Voilà les quelques réflexions que m'inspire la lecture de votre blog. Je sais que vous êtes, avec votre style et vos convictions, à la recherche d'une prise de conscience des pouvoirs publics vis à vis des banlieues. Depuis tant d'années, beaucoup d'argent a été engagé, beaucoup d'efforts ont été entrepris par les services de l'Etat comme par les acteurs de terrain. Les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. Nous y avons tous notre part de responsabilité. Comment faire mieux et autrement ? Cette question, il faut maintenant la résoudre.

Demeurant disponible pour poursuivre, si vous le jugez utile, notre échange de vive voix, je vous prie de croire, Monsieur, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.




Nicolas Sarkozy

Thursday, November 17, 2005

La france d'en bas...


(English version here)

Depuis quelque temps, les radios et les télévisions du monde entier essaient d’obtenir de ma part une interview à propos des événements qui secouent les banlieues de France.

Je ne peux malheureusement pas honorer toutes les demandes, j’ai donc décidé de m’exprimer sur mon site.

Aussi loin que je veux me tenir de la politique, il est difficile de rester distant face aux dérèglements des politiciens. Et quand ces dérèglements attisent la haine de toute une jeunesse, je me retiens de ne pas encourager les casseurs.

Nicolas SARKOZY, qui est apparu dans la vie médiatique française tel une starlette de la Star ac’, et qui nous abreuve des détails de sa vie privée et de ses ambitions politique depuis quelques années, ne peut s’empêcher de créer l’événement à chaque baisse de sa côte aux sondages IPSOS. Cette fois ci, Nicolas SARKOZY a pris à contre-pied tout ce que la République Française défend. La Liberté, L’égalité, et la Fraternité d’un peuple.

Le ministre de l’intérieur, futur présidentiable, tient des propos qui non seulement démontrent son inexpérience de la politique et des rapports humains (intimement liés), mais qui aussi mettent en lumière l’aspect purement démagogique et égocentrique d’un petit Napoléon en devenir.

Si les banlieues explosent une nouvelle fois aujourd’hui, ce n’est pas dû à un raz le bol général des conditions de vies face auxquelles des générations entières « d’immigrés » doivent se battre quotidiennement. Il n’y a malheureusement pas de combat politique dans ceux qui opposent les jeunes de cités à la police de Nicolas SARKOZY. Ces voitures qui brûlent sont des réactions cutanées face au manque de respect du ministre de l’intérieur envers leur communauté.
Nicolas SARKOZY n’aime pas cette communauté, il veut se débarrasser de cette « racaille » à coups de Karcher et il le hurle haut et fort au milieu d’une cité « chaude » à 11 heures du soir.

La réponse est dans la rue. La « tolérance zéro » fonctionne dans les deux sens.

Il est inadmissible qu’un homme politique (mais en est-il vraiment un ?) se permette de déséquilibrer une situation tendue par des années d’ignorance et d’injustices, et qui se permet de menacer ouvertement toute une partie de la population française sans adresser les vrais problèmes.

En agissant comme un maître de guerre, il ouvre une brèche qui j’espère va l’engloutir.
La haine attise la haine depuis des siècles et pourtant Nicolas SARKOZY pense encore que la répression est le seul moyen d’empêcher la rébellion. Cette volonté de vouloir imposer sa pensée à n’importe quel prix me rappelle d’autres grands leader de notre temps. J’en ai froid dans le dos.

L’Histoire nous prouve que le manque d’ouverture et de philosophie entre différentes communautés engendre la haine et l’affrontement. L’Intifada des différentes banlieues parisiennes ressemble effectivement aux affrontements qui ont opposés les enfants de Palestine armés de pierres, aux soldats d’Israël armés d’Uzis.

L’Histoire se retrouve partout.

Le bruit et la fureur sont les seuls moyens pour beaucoup de communautés de se faire entendre. Les attentats terroristes qui font la une des journaux en sont le résultat.

Et la répression de la terreur par la terreur n’a jamais fait gagner les guerres, elle n’a fait que les entretenir.

Nicolas SARKOZY est un admirateur de la machine de communication de Georges Bush. Il se sert des medias pour grandir son image et manipuler la population.

Comme BUSH, il ne défend pas un idéal, il répond aux peurs qu’il instille lui même dans la tête des gens.

Il aurait engagé la France auprès des Américains dans la « chasse à la Terreur » de Bush. J’en suis convaincu.

Nicolas SARKOZY veut devenir le président de notre république et « personne ne se mettra en travers de son chemin ».

Si cet homme n’échoue pas au moins une fois dans ses démarches pour arriver à la présidence du pays, plus rien effectivement, ne pourra se mettre en travers de son chemin, et sa volonté de toute puissance pourra être enfin exaucée.

L’Histoire se répète t-elle ? Oui. Elle l’a toujours fait. L’envie de Pouvoir et l’égocentrisme de ceux qui pensent détenir une vérité ont TOUJOURS créé des dictateurs.

Nicolas SARKOZY est certainement un petit Napoléon, je ne sais pas s’il a le potentiel d’un grand, mais il sera impossible demain de dire que nous n’étions pas au courant.



Mathieu KASSOVITZ.

Monday, October 24, 2005

CARLITOS MEDELLIN



Carlitos Medellin suit le voyage symbolique d'une sainte vierge emmenée par un enfant à travers les rues d'un des quartiers les plus violent de Medellin, Colombie. La statue de la vierge devient l'occasion pour les habitants du quartier de se confesser, de se racconter, de dévoiler leurs vies, leurs réves, leurs deséspoir de ne pouvoir échapper à leur destin dans un lieu dominé par le traffic de drogue et les milices ultra violente.

La force du film réside également dans le fait que ces gens qui nous parlent de leur vie en gros plan, sont quasiment presque tous mort dans les mois qui ont suivis le tournage. Ces messages d'espoirs deviennent alors des messages posthumes, et prennent une dimension réaliste, rapprochant encore plus les limites du cinéma et de la vie rééle.

Jean Stephane SAUVAIRE est un réalisateur qui va chercher les sujets là ou ils se cachent, là ou nous n'osons pas regarder, et il nous montre ce que nous ne pouvons pas imaginer. Il aime les gens qu'il croise devant sa caméra et ceux-ci le lui rende à travers l'objectif.

MNP produit actuellement son premier long métrage, JOHNNY CHIEN MECHANT, sur les enfants soldats d'Afrique.


http://www.solaris-distribution.com/carlitoscenter.htm

AALTRA


Gustave KERVERN et Benoit DELEPINE, deux citoyens de Groland, fameux pays pas trés loin de chez nous, ont réalisés un premier film en noir et blanc quasiment muet qui nous sort de l'ordinaire des "films de couples" Français et qui étonnement n'a rien à voir non plus avec l'émission télé dont je suis fan.
Ca doit être les producteurs Belge ou l'influence Grolandaise, mais en tout cas, j'ai rarement autant rigolé devant un film aussi triste. Entre Tati et Chaplin, ils ont réussi l'exploit de faire rire avec rien. C'est un film fait avec de petits moyen, réalisé presque en amateur, et qui me semble être touché par la grace.

La vision de ce film ne peut pas se faire par hasard, il faut être dans la bonne ambiance, être ouvert à ce genre d'humour pour en apprecier les nuances et les differents degrés, mais si on se laisse gagner par leur univers, on découvre un film poétique et touchant abritant un vrai parti pris politique et militant. Tout ce que j'aime.

Il y a quelques temps, les deux Grolandais sont venus nous voir à MNP avec un projet nommé "AVIDA".

"C'est l'histoire de trois mecs qui vont jeter une femme obése du haut d'un volcan" m'ont t'ils dit comme introduction à leur nouveau film. J'ai dis O.K.

Nous avons produit et tourné AVIDA cet été en 4 semaines. AVIDA est aussi quasiment muet et en noir et blanc comme AALTRA, et semble également aussi touché par la grace.

Eux ils appellent ça, avoir "la grosse chatte".

http://www.aaltra-roadmovie.com/

MON NOM EST PERSONNE


Ne passez pas à coté des petits plaisirs que la vie nous offre.

MON NOM EST PERSONNE (titre absolument génial) est une comédie imaginée par Sergio LEONE qui en est le producteur, et également réalisateur de quelques scénes. Plus qu'une simple parodie des western spaghetti dont LEONE était le pape, c'est un vrai film de genre qui se prend au serieux dans son humour. Les gags de ce film sont exceptionels, travaillés comme ceux de Chaplin ou Keaton, et sont d'une originalité qui démontre un veritable travail.

MON NOM EST PERSONNE est resté dans la mémoires de générations de spectateurs et a lancé la mode des films de "baffes" dont Terence HILL affublé de l'inimitable Bud SPENCER étaient des Dieux vivants principalement avec la serie des TRINITA...

C'était un de mes films preférés quand j'était gamin et je comprend pourquoi en revoyant ce film aujourd'hui, c'est tout simplement jouissif et inventif, du pur plaisir. Je me souviens d'avoir aussi était trés impressioné par le challenge auquel doit faire face le Héro. Seul, il doit decimer la fameuse "horde sauvage"... Impossible... 1 contre 150 c'est de la folie !!! Et pourtant il y arrive à la fin. C'est grace a ça que j'ai compris qu'il est important de ne pas prendre les spectateurs pour des cons et que pour les faires rire il faut les prendres au serieux. C'est pour ça je pense que ce film passe à travers le temps et continueras d'être une reférence.

"MON NOM" est un film généreux qui viens de retrouver vie avec un DVD d'une qualité de master video exceptionelle.

Ne ratez pas la jolie réference de réalisateur à Sam PECKINPAH dont LEONE n'appreciait pas trop LA HORDE SAUVAGE.

BLOODY SUNDAY


Encore une claque dans la gueule.

BLOODY SUNDAY retrace la journée du 30 Janvier 1972 qui a vu le massacre de 13 Irlandais par les forces Anglaise pendant une manifestation pacifique.

Paul Greengrass qui a réalisé ensuite Bourne Supremacy, à créé avec ce film un document d'une véracité rarement atteinte dans une oeuvre de fiction. La mise en scène et les moyens techniques servent le sujet avec intelligence, sans aucuns compromis ni artifices.
Le réalisateur, les acteurs, les techniciens, les figurants, étaient en mission pour montrer une vérité humaine mais aussi politique, c'est ce qui fait la force des grands films sociaux comme I AM CUBA, ou Z... Ce sont des films témoins de notre epoques, qui nous rappellent à notre Histoire avec un point de vue artistique fort et affirmé. Ce qu'une oeuvre devrais être.

Regardez aussi le making off qui est aussi passionnant que le film lui même, et qui montre à quel point un réalisateur doit etre en phase avec son sujet. Le fait de comprendre que les soldats sont interprétés par des ex soldats Anglais, et qu'ils ont passé tout le tournage en plein Derry, lieu réél des évenements, entourés d'Irlandais dont certain avaient maniféstés à l'epoque, prouve que la réalisation d'un film n'est pas seulement une succession de choix technique mais aussi et surtout pour le réalisateur, une implication politique totale dans le sujet qu'il traite. Le résultat se constate à l'écran.

Haut et court a sorti le DVD.
http://www.hautetcourt.com/fiche.php?pkfilms=110

LE CAUCHEMAR DE DARWIN


J'ai raté à sa sortie ce film extraordinaire au titre bizarre. Je m'en mord les doigts, mais heureusement le DVD vient d'etre edité par AD VITAM et je vous recommende chaudement de vous plonger dans cette oeuvre qui peut changer votre vue sur le monde et ses disfonctionnements.

En Tanzanie, le lac Victoria, un des plus grand lac au monde, regorge d'un poisson introduit par l'homme. La perche du Nil a completement changée l'ecosysteme du lac en en devenant le predateur ultime.
Autour du lac, des pecheurs vivants dans les conditions de pauvretés les plus extreme, travaillent pour quelques centimes par jour pour le compte de compagnies étrangères qui exportent la chair du poisson en Europe.
500 tonnes de poissons par jours sont pechées par les villageois qui n'ont d'autres recours pour survivre que cette pèche ou la guerre (quand il y en a), et chaque jours, pendant que deux millions d'européens mangent le fruit de cette pèche, la famine détruit la Tanzanie.

Pour amener les poissons jusqu'aux restaurants d'Europe, des Iliouchine Russe transportent 55 tonnes de fret par voyage.

Ils atterissent rarement vide sur le petit aéroport du village sans aucun controle militaire...

Le cauchemar de Darwin c'est le systeme economique qui détruit notre planète et ses habitants contre tout bon sens.

Hubert SAUPER a réussi un film qui symbolise à l'extreme la situation de notre société. Il aurait pu s'interesser aux ramasseurs de caoutchouc, ou au traffic de bois pour suivre le trajet de ces produits jusqu'à nos supermarchés, mais en choisissant de se pencher sur un village de pecheurs en Tanzanie, il raconte comment l'economie mondiale participe au génocide de l'Afrique sans se poser de questions...
C'est beaucoup plus qu'un film sur la mondialisation, c'est un film sur l'Homme.

La perche du Nil, prédateur de son éco-systeme, s'asphyxiant petit a petit en détruisant tout ce qui en règle naturellement la balance, et qui dévore ses propres petits, en est le symbole.

C'est le film le plus puissant et important que j'ai eu la chance de voir depuis de nombreuses années.

http://www.advitamdistribution.com/fiche.php?film_id=58