Monday, October 24, 2005

LE CAUCHEMAR DE DARWIN


J'ai raté à sa sortie ce film extraordinaire au titre bizarre. Je m'en mord les doigts, mais heureusement le DVD vient d'etre edité par AD VITAM et je vous recommende chaudement de vous plonger dans cette oeuvre qui peut changer votre vue sur le monde et ses disfonctionnements.

En Tanzanie, le lac Victoria, un des plus grand lac au monde, regorge d'un poisson introduit par l'homme. La perche du Nil a completement changée l'ecosysteme du lac en en devenant le predateur ultime.
Autour du lac, des pecheurs vivants dans les conditions de pauvretés les plus extreme, travaillent pour quelques centimes par jour pour le compte de compagnies étrangères qui exportent la chair du poisson en Europe.
500 tonnes de poissons par jours sont pechées par les villageois qui n'ont d'autres recours pour survivre que cette pèche ou la guerre (quand il y en a), et chaque jours, pendant que deux millions d'européens mangent le fruit de cette pèche, la famine détruit la Tanzanie.

Pour amener les poissons jusqu'aux restaurants d'Europe, des Iliouchine Russe transportent 55 tonnes de fret par voyage.

Ils atterissent rarement vide sur le petit aéroport du village sans aucun controle militaire...

Le cauchemar de Darwin c'est le systeme economique qui détruit notre planète et ses habitants contre tout bon sens.

Hubert SAUPER a réussi un film qui symbolise à l'extreme la situation de notre société. Il aurait pu s'interesser aux ramasseurs de caoutchouc, ou au traffic de bois pour suivre le trajet de ces produits jusqu'à nos supermarchés, mais en choisissant de se pencher sur un village de pecheurs en Tanzanie, il raconte comment l'economie mondiale participe au génocide de l'Afrique sans se poser de questions...
C'est beaucoup plus qu'un film sur la mondialisation, c'est un film sur l'Homme.

La perche du Nil, prédateur de son éco-systeme, s'asphyxiant petit a petit en détruisant tout ce qui en règle naturellement la balance, et qui dévore ses propres petits, en est le symbole.

C'est le film le plus puissant et important que j'ai eu la chance de voir depuis de nombreuses années.

http://www.advitamdistribution.com/fiche.php?film_id=58

33 Comments:

Anonymous said...

"C'est le film le plus puissant et important que j'ai eu la chance de voir depuis de nombreuses années.
" moi aussi!

2:15 PM  
Yann Danh said...

Un film dont j'ai entendu parler sur Arté et qu'il me tarde de découvrir!

Belle critiques en tout cas! Ca me rend encore plus impatient!


Yann

6:40 AM  
Yann Danh said...

Vu en DVD l'autre soir.

Un film poignant, humain, "atroce", fin, intelligent... Un film qui DOIT faire le tour de la planète...
Un film que je compte bien montrer au plus grand nombre.

Un film qui rappelle qu'il est un DEVOIR de ne pas fermer les yeux...

Et à ceux qui se demandent quoi faire: "Se poser la question est déjà un pas en avant."

Un chef d'oeuvres.

Yann Danh.

5:29 PM  
diana s.h. said...

hola
bueno no sé escribir en francés, sino lo haría gustosamente.
He visto Amelie hace bien poco y sólo me encantaría felicitarte por tu trabajo... ojalá existiera un soñador así en la vida real, bueno al menos en la película podemos imaginarlo.
Un beso y felicidades

1:09 AM  
graindesable said...

"Un film que je compte bien montrer au plus grand nombre."
Je sais pas comment, mais pense à moi :D

5:18 AM  
Yann Danh said...

J'y compte bien Grain... ;)


Yann

9:30 AM  
kobbold said...

Kedves ifj. Kassowitz bácsi! Nagy felhajtás volt Pesten, amikor itt forgattál, mindenesetre akkor találkoztam atyáddal. A nagyapádnak vélhetően hamarosan karikatúra kiállítása lesz, gyere el! Üdvözöl: Péter

12:42 PM  
Jocelyne said...

Salut, ici Jocelyne de Nairobi. J'habite au Kenya et peux vous dire que le point de vue du film est assez manicheen - l'introduction de la Perche du Nil a permis a des milliers de pecheurs de survivre - avant, il n'y avait pratiqment pas de poisson exportable dans le lac...jossmuhuturemy@yahoo.fr

1:02 AM  
Yann Danh said...

Ah oui? Manichéen?

tu trouve que c'est MANICHEEN: des avions transportent qui transportent des armes... Des gens qui se font exploiter pour 1 dollar? Un lac qui ne vaut plus rien...

Sans déconner... Qui peut vivre avec ça?

Tu trouves normal que des gens rêvent de retourner à la guerre car ils auront une vraie paie?
D'autres souhaiteraient tellement apprendre... APPRENDRE... aller à l'école... Ca pour leur implanter le christianisme, on a réussi! Et c'est tellement bien que leur propre pasteur n'ose pas dire à ses "disciples" de mettre des capotes...

Mais à part ça c'est manichéen!

Bref...

Etrange de voir les choses ainsi... Etrange de se dire qu'il devrait baiser les pieds de ceux qui les regardent "crever" dans leur misère...

Putain des momes qui se shoot avec du plastique fondu... Tu trouve que c'est manichéen?

Je ne doute pas de là où tu vis, mais tu devrai peut être aller faire un tour parmi eux... Apparement ça te paraît normal... Cela dit par chez nous des gens trouvent normal que des jeunes aillent bosser comme des crevard dans des job à la con payer une misère!

Yann Danh.

3:29 AM  
Jackie Brown said...

Salut à tous

j'ai eu la "chance" de voir ce documentaire lors de sa sortie en salle et je suis désolée mais je partage pas votre enthousiasme: peut-être l'effet du grand écran, voir un gars les yeux injectés de sang dire que la guerre vaut mieux que sa vie de misère, voir des gamins s'entretuer pour une poignée de riz, ou encore, et surtout, voir deux mômes se shooter à la colle devant la caméra pendant quelques minutes, ou secondes, je ne sais plus très bien, qui m'ont en tout cas semblée une éternité. C'est de la fiction ou du documentaire? Est-ce que le mec s'est vraiment posé avec sa caméra devant ces deux gosses, les a mâté se défoncer jusqu'à ce que l'un d'entre eux s'écroule, tout ça pour que le monde sâche que le modèle capitaliste c'est de la merde? Je sais pas; vous voyez un gamin qui va se brûler, qui va bouffer des cachets qu'il devrait pas bouffer ou je sais pas quoi d'autre, vous lui sautez dessus, vous le laissez pas faire pour voir ce qu'il va se passer. On sait très bien ce qu'il va se passer, le gamin va se brûler, il va s'intoxiquer, il va s'écrouler parce qu'il est en train d'exploser son système nerveux. Si c'est de la fiction, ok, ça choque, ça révolte, ça part de bonnes intentions. Mais c'est tout, quand on sort de la salle on la haine, on se dit que c'est dégueulasse et puis voilà. Le lendemain on a oublié. Comme chaque fois qu'on voit à la télé des gamins mendier en Inde, des gamins soldats quelque part en Asie ou des gamins renifler les émanations des pots d'échappement en Colombie, histoire d'oublier comment ils s'appellent-quand ils savent comment ils s'appellent. Si c'est du réel, alors en plus de servir à rien c'est crade et en sortant de la salle en plus de la haine on a la nausée.
Je peux pas m'empêcher de penser que le mec se complaît à montrer la misère de ces gens, surtout dans la scène avec les deux gosses: désolée d'insister mais elle a l'air trop bien orchestrée pour être réelle, tout s'enchâine trop bien, une rue déserte, un gamin se pose, un autre le rejoint, la caméra juste à côté d'eux comme un troisième gamin. Je n'ai jamais réalisé de film et je ne sais pas comment on fait un documentaire, mais, et je suis peut-être naïve, j'ai du mal à m'expliquer comment il a pu réunir autant de conditions pour tourner sa séquence sans aucune mise en scène. Et là donc je me dis que c'est un docu-fiction, et je me demande à quoi ça sert. On apprends que la perche du Nil est un fléau, que les gens du lac Victoria sont devenus des sauvages depuis qu'on l'exploite. D'accord. Je doute pas de la sincérité du réalisateur, et je suis convaincue que la situation qu'il décrit est pire que chaotique. Mais un article de presse ou un reportage aurait fait autant. Parce que, si bien compris le truc, le cinéma c'est autre chose que prendre sa caméra et filmer, même quand on veut dénoncer quelque chose. Surtout quand on veut dénoncer quelque chose. Je citerais par exemple la Cité de Dieu, de Fernando Mereilles: le thème a rien voir, c'est clair, et c'est pas un documentaire. Mais il y a la même volonté de dénoncer une situation-ici la misère des favelas- et la même volonté de montrer que ladite situation transforme les gens en monstre- c'est Ze Pequeño qui abat une douzaine de personne alors à peine agé de 10 ans. Sauf que lui le fait carrément mieux. Disons, de façon plus subtile. Et ça me plaît carrément plus. Celui-là je vous le conseille, et je m'arrange pour que le plus de monde possible puisse le voir (d'ailleurs si il y a des gens du Pas-de-calais, il passe à Arras le 5 Décembre) En tout cas il m'a plus marqué et m'a plus fait réfléchir, parce que, je sais pas pour vous, mais la principale sensation que m'a laissé le Cauchemar de Darwin, c'est qu'il n'y a aucune solution au problème, qu'il n'ya rien à faire, que c'est une pure tragédie et que moi, spectatrice lambda, après 1H47 à m'en être pris plein la geule, je suis responsable des maux de la terre entière, ceux de ces gens en particuliers, même si j'ai jamais bouffé de ce *** de poisson.
A ce niveau là c'est clair, ce film est un cauchemar.

Donc voilà toutes les raisons pour lesquelles je partage pas votre enthousiasme. Si vous pensez que je suis à côté de la plaque, allez-y faîtes vous plaisir...

1:06 PM  
noyooz said...

Je viens de visionner ce DVD hier soir. Il m'a littéralement epoustouflée. PAR SA VERITE.

Jackie Brown, quand tu dis que le lendemain tu as oublié ou que cela t'a donné la nausée, cela ne m'étonne pas car c'est le comportement de beaucoup beaucoup de personnes qui habitent dans les pays developpés, qui regardent trop la télé et qui voyagent en circuit organisé.

Je m'explique :
J'ai fait un tour du monde de 11 mois en 2002 dans des pays pauvres (Inde, Cambodge, Indonésie, Bolivie, Zimbabwe entre autres) - et aussi des pays "plus" developpés comme la Thailande, la Malaisie, le Mexique, l'Afrique du Sud, la Namibie, ...) et cette réalité de misère et de pauvreté est le quotidien de milliards - oui milliards de personnes. Des hommes ou des femmes habillés de loques, qui se soucient bien peu de la dernière mode, des enfants désoeuvrés qui desespèrent de ne pas pouvoir aller à l'école, des enfants en Afrique qui me demandent à manger, oui là j'ai la nausée.
Quand je sors de l'aéroport de Delhi pour aller au centre ville dans un bus cramé et pourri, sans fenetre, et que je vois des centaines de personnes qui dorment sur le bord de la route, oui là j'ai la nausée, quand je vais manger dans un boui boui je ne sais plus où, où tout est NOIR et que les moustiques te volent au dessus de la tête, oui j'ai la nausée, quand je me chope un parasite que j'ai vite soigné chez un médecin à La Paz avec mon assurance médicale Tour du monde, oui j'ai eu la nausée, physique en plus. Quand tu arrives à minuit par train dans la gare de Benares ou tous les corps s'emmelent dans le sommeil dans une espèce de brume oui là j'ai la nausée.

Les exemples je peux les multiplier à l'infini. Etre confontré de longs mois à ce que tu as "subi" pendant 1h47 bien installée dans ton fauteil, alors là oui on peut dire qu'on a la nausée. Mais ce qui me désole dans ton propos, c'est que tu aurais aimé qu'on te montre les choses de façon plus "subtile", par des paraboles ou des effets.

POURQUOI tant de monde a peur de voir cette réalité en face et qu'il faut prendre des gants pour le dire ?
POURQUOI ?

J'adore le cinéma et tout le plaisir qu'il procure, mais au plus je vieillis, au plus j'ai envie qu'il devienne un outil de propagande, d'ouverture sur notre monde en 2005.
Pas tout le monde n'a la chance de faire des voyages et de se rendre compte sur place comment ça se passe.
D'ailleurs au début pour notre voyage, on est parti pour notre plaisir et notre détente (comme quand on va au cinéma). Et nous avions choisi les pays pauvres à cause de notre budget. Nous en sommes revenus transformés (comme après la projection du film de Darwin par exemple).

Alors on s'est penché sur la question : que peut on faire ?

J'ai lu les réponses de yann danh qui souhaite le montrer a beaucoup de monde, j'espère qu'il va le faire VRAIMENT et pas uniquement nous le dire ici :) Je trouve que c'est une excellente initiative.

Nous, nous avons décidé de nous tourner faire le commerce équitable. Pour que la juste rémunération des producteurs ou travailleurs servent à faire vivre une famille et une communauté de façon décente.
Par contre il faut se bouger le cul, il faut faire des marchés, des manifestations, faire signer et signer des pétitions, tenir des conversations avec des personnes qui ne trouvent que des défauts au commmerce équitable, animer des réunions le soir après le boulot alors que tu es crevée mais que tu es comme ANIMEE par une force impérieuse de faire quelque chose, tenir des stands - d'ailleurs j'y vais cet après midi, de 14h à 18h, alors que c'est vrai, j'aurais peut etre voulu me reposer de ma semaine - mais non, il faut se BOUGER, signer des pétitions, s'informer par des réseaux alternatifs aux médias de télévision et de presse générale.
Car on ne parle jamais de décroissance soutenable, du micro crédit, de l'annulation de la dette à la télé et peu dans la presse.
Attention, tout ceci est personnel et résulte d'une réflexion qui prend du temps.
Mais tu vois, cette réflexion je l'ai entamé suite au voyage.

Pourquoi n'entamerais tu pas ta propre reflexion après avoir visionné ce film au lieu de dire que tu ne peux rien faire ?

Si tu peux faire plein de choses mais il faut s'interesser aux réseaux associatifs (Artisans du Monde, ATTAC, ...), créer une association.

Alors la prochaine fois que tu iras au ciné voir un film comme Darwin, cela te renforcera dans ta conviction que tu te donnes les moyens de faire quelque chose et ne te culpabilisera plus.

Merci à Mathieu Kassovtitz pour cet espace d'expression libre.

Cet après midi, je ne suis pas sur internet mais face à d'autres citoyens avec lesquels je vais échanger, discuter.

Et vous, que faites vous cet après midi ?

1:14 AM  
noyooz said...

Car j'ai oublié de vous dire que c'est la semaine de la solidarité aujourd'hui jusqu'à samedi prochain, renseignez vous dans votre ville, il doit surement y avoir quelque chose de prévu.

Allez y, rencontrez du monde, discuter, votre prise de conscience va commencer à cheminer.

Jeudi soir, j'anime un débat au Ciné Cimes du coin après la projection du film Yasmin, pour faire connaitre aussi notre association.

Au lieu de dire Bougez vous, moi je vous dis Allez à la mairie ou je ne sais pas où vous renseigner sur les manifestations de cette semaine.
Ca, c'est du concret !
Je précise toutefois que l'analyse est aussi importante que l'action mais parfois, il faut savoir sortir de son cocon.
A plus.

1:28 AM  
Jackie Brown said...

Excuse-moi noyooz j'ai peut-être été confuse, ça m'arrive assez souvent quand j'essaie de m'exprimer.
Alors je vais tenter d'y remédier. Et je m'excuse d'avance si c'est un peu long.
C'est clair, j'aimerais bien voyager, mais j'en ai pour l'instant pas la possibilité. Toujours est-il que, et heureusement je crois, je n'ai pas besoin d'aller au fin fond du Rwanda, du Pakistan ou de la Tchétchénie pour te dire que la misère domine les trois quart de la terre. Moi aussi je peux multiplier les exemples, sans être jamais sortie de mon Pas-de-Calais natal: les meurtres-viol à Ciuadad Juarez, les sans-terres du Brésil, les chômeurs d'Argentine, les intouchables indiens, les Kabyles en Algérie, ou "plus simplement", les mendiants en France...je continue? Je peux te dire aussi que je suis consciente que, de façon perverse puisque relative au système dans lequel on vit, je suis responsable du malheur de ces gens, et je voudrais en changer. La prise de conscience, c'est fini depuis un moment. Seulement, ce qui me donne la nausée c'est qu'on arrête pas de nous balancer à la télé ces images de misère sans aucune réflexion derrière, l'air de dire: c'est comme ça, c'est l'ordre du monde, un point c'est tout. Ce qui me gave, c'est que ces putains de média nous ont anestésié à force de nous balancer ces images: maintenant quand tu vois un gamin mendier, ta réaction c'est: d'accord c'est malheureux, mais j'y peux rien. Je peux pas changer le monde. Alors on envoie gracieusement et spontanément un don aux victimes du tsunami pour se dédouaner et se déculpabiliser, tout en continuant d'acheter les baskets Nike que ce gamin avait fabriqué juste avant de se faire envoler par la vague...Excuse-moi mais je refuse, c'est un comble d' hypocrisie et de lâcheté. Et c'est dans ce sens là que je disais avoir oublié Le cachemar de Darwin un jour après l'avoir vu: pour moi c'était un document de plus sur la misère du monde, et rien d'autre. Ce qui me saoule c'est cette façon catégorique de montrer des choses qui sont infiniment plus complexes: montrer tout en blanc ou montrer tout en noir. Je suis désolée mais dans toute situation, si merdique soit-elle, les gens vivent et les gens s'aiment. Malgré toutes les merdes de la vie à Tel-Aviv, c'est les personnages de Alila (de Amos Gitaï) qui continuent de vivre parce que ce sont des être humains...ça a des airs de lapalissade mais je crois qu'Hubert Sauper a oublié cette vérité la plus évidente dans son film: les gens qu'il filme sont devenus des sauvages, et ils ne sont rien d'autre. Sont parti pris est trop énorme, c'est tout ce que je dis. C'est tellement plus complexe dans la réalité. C'est cette complexité que j'aurais aimé voir, ça aurait en rien handicapé sa dénonciation et c'aurait été infiniment plus interessant que cette pseudo-tragédie. De là mon désir de "subtilité", subtilité ne voulant pas dire euphémisme ou je sais pas quel autre genre d'atténuation. Je suis pas une âme fragile, j'ai pas besoin de gant et ce que je cherche dans une salle obscure c'est pas le "confort de mon fauteuil": au contraire, j'aime bien m'en prendre plein la face, un bon coup de poing pour éviter de s'endormir sur les lauriers du "capitalisme triomphant"... Je reproche au Cauchemar de Darwin d'être limité, de se terminer en même tant que sa pélicule, de m'avoir donné la nausée pour rien. J'ai failli gerber en voyant Terre Promise, du même Amos Gitaï-désolée d'être aussi scabreuse- et pourtant c'est un de mes films préférés, j'y réfléchis et je m'y réfère souvent. Celui là aussi j'aimerais que le monde entier puisse le voir. Ce que je dis, comme dans mon précédent post, c'est qu'un article ou un reportage aurait suffit pour montrer ce que Sauper voulait montrer. Le cinéma n'est pas une bonne tribune pour cela, puisqu'il implique, un parti pris c'est entendu, mais qui ouvre sur une réflexion, qui pose des questions moins qu'il n'impose catégoriquement une vision des choses. Je trouve son film simpliste et complaisant, ça fait pas de moi une bourgeoise adepte de mon petit confort personnel. Bravo pour le raccourci. Je sais ce qu'est le commerce équitable, le micro-crédit, je peux même ajouter que j'espère que les Occidentaux vont arrêter de subventionner leur agriculture pour permettre aux pays du sud d'être plus concurrentiels. T'es content? Il m'arrive de réfléchir aussi, parfois, et si ça t'interesse, mon sujet de prédilection en ce moment c'est le travail humanitaire, est-ce la façon la plus appropriée et la plus intelligente d'éffacer le gouffre nord-sud. Je me pose plein de questions sur la légitimité de ces procédés, est-ce qu'on fait ça pour aider ces gens ou est-ce qu'on fait ça pour note bonne conscience, à quoi ça rime tout ce cirque...Peut-être que tu pourrais m'éclairer, d'ailleurs, au terme de ton «tour du monde des pays pauvres et un peu développés». Toi qui a été "transformé" par ce "parcours initiatique". Qu'est-ce qu'il t'a communiqué à part l'impression d'avoir le droit de jouer les moralisateurs auprès de gens comme moi, d'établir une échelle de nausée selon laquelle la tienne est plus valable que la mienne sous prétexte que tu as été en face de ces gens "pendant de longs mois", quand mon temps d'exposition à moi se limiterait à 1H47...est-ce que, ainsi confronté à la dure réalité de notre monde, vous avez vu votre nausée se muter en «syndrome des Indes» à Bénarès, de sorte que toi et tes potes vous êtes vus forcés de vous faire rapatrier? ça fait mal de redescendre sur terre...surtout quand on a pas trop l'habitude d'y traîner ses guêtres, du moins j'imagine, puisque tu es allé en balade autour du tiers-monde dans le but de "te détendre" et par manque de tune...
Donc niveau prise de conscience je crois que tu as pas trop de leçon à me donner.
Ma critique se situait à un "niveau cinématographique", - à ce propos, permet moi de te dire qu'il y une différence énorme entre "outil de propagande" et "outil d'ouverture sur le monde"- et ça me tue qu'au lieu de viser les arguments que j'avance c'est directement ma personne que tu as visée, que tout ce que ces arguments t'ont inspiré c'est que je sois une bourgeoise bien-pensante éprise de sa petite vie bien rangée. Je voyage pas en circuit organisé parce que je voyage pas du tout, et quand ça arrivera ce sera en bus, avec un sac à dos-ce qui ne veut pas dire que tous les gens voyageant en circuit organisé soient des petits bourgeois. J'aime pas la télé, et c'est pourquoi je regarde des films.
Et je sais pas comment faire en sorte qu'il y ait plus de gamin qui viennent te demander à bouffer quand t'es en excursion dans l'hémisphère sud, mais ce dont je suis sûre, c'est que t'y arriveras pas en faisant du cinéma une arme de propagande, ni en filmant d'autres gamins se défoncer la gueule...

11:15 AM  
kinosam said...

En tout cas moi qui ai vu le film d'un oeil intéréssé et finalement ni satidfait ni frustré, je suis par contre heureux de voir vos réactions sucitées par ce dit film. Perso je suis autant d'avis de jackie concernant la banalisation médiane que celui de yann concernant la puissance particulière que dégage le film de Sauper, ce que j'apprécie fortement par contre c'est ce débat que je lis avec beaucoup d'intéret sur ce blog (ce qui est d'une extrême rareté dans mon cas pour ce support de communication) et je trouve que si le film permet ce genre de discution c'est déja une grande preuve de sa qualité, à mon humble avis bien entendu ...
J'envoie donc également un merci à KSO pour avoir fourni la plateforme ...

9:39 PM  
noyooz said...

Jackie Brown.
J'ai lu avec intérêt ta réponse.
Je suis d'accord avec toi sur certains points. Notamment concernant les appels de fonds lors de catastrophes humanitaires, qui sont ponctuels et nos achats quotidiens où on ne s'intéresse pas à la provenance du produit. Ton exemple est bien cité ! C'est pourquoi je me suis tournée vers le commerce équitable. Car il s'assure que les conditions de travail sont correctes et que les plus élémentaires règles de vie sont appliquées (pas de travail des enfants, journée de 8 heures, etc etc).
Je vois aussi que tu vilipendes la télévision : moi aussi ! et que tu regrettes qu'au delà de la prise de conscience, une espèce de banalisation du chaos s'opère, soit.
J'ai vu pour la première fois hier soir le bonus du DVD et l'auteur du film explique son point de vue : il nous livre un condensé de 4 années de sa vie dans le cauchemard de Darwin et il explique que ce film, c'est aussi une part de sa vie. Bien sûr que c'est son parti pris ! Il parle également de son précédent film sur le Rwanda (Loin du Rwanda) où on lui a reproché une séquence de 2 minutes, une eternité au cinéma, sur un enfant mort. On lui a reproché d'avoir filmé cet enfant - alors que des milliers d'autres mourraient sous ses yeux. J'ai pensé à toi qui lui reproches d'avoir filmé les enfants qui sniffent la colle. J'ai du mal à expliquer mais je ne comprends pas qu'on s'insurge contre un réalisateur qui filme une vérité. Lui reprocher sa passivité (qu'il n'essaie pas de les empêcher) est à mon avis hors sujet.
Son film a été qualifié de "cinéma du lien", le lien avec la réalité. Il explique longuement le rapport étroit qu'il instaure avec ses "personnages" et la relation quasi mystique qu'il a pu entretenir avec l'un deux - une petite fille au Rwanda, maigre et affamée, qui répondait qu'elle se sentait bien car elle savait qu'on allait lui distribuer du lait. Elle se sentait BIEN. Toute l'absurdité de la situation est si éclatante.
Enfin bref pour revenir à tes propos, j'aimerais que tu m'expliques comment tu peux dire que c'est plus complexe dans la réalité ? Je ne vois pas comment tu pourrais cet avis alors que l'auteur y a passé quand meme 4 années de sa vie. Excuse moi mais entre lui et toi, je pense qu'il est mieux placé que nous pour exprimer cette réalité. Plus complexe en quoi d'ailleurs ? Pour finir sur ce point, il cite une lettre qu'on lui envoyé suite au film; un homme qui vivait à Mwanza et qui n'a jamais vu tout ce qu'il montrait. L'auteur explique que toutes ces images, il les a cherché, le lieu où les carcasses s'entassent se situe dans les montagnes, bien caché. La réalité serait elle plus complexe ?

Ensuite le ton de ton post devient plus agressif envers moi. Oui j'ai un "tour du monde" dans les pays pauvres et PLUS développés. C'était pour donner le contexte de mon voyage.
Oui ce fut un parcours initiatique, je ne vois pas pourquoi tu le mets entre guillemets, je le prends pour du mépris.
Ensuite je ne me suis jamais fait rapatrier, j'ai expliqué que j'avais attrapé un virus (en Inde sans doute) et que j'ai eu la chance de pouvoir me faire soigner en Bolivie, 7 mois après car j'avais la chance d'avoir une assurance. J'ai écrit ceci de manière un peu ironique car beaucoup de personnes ont le ventre bourré de parasites ce qui ne doit pas arranger leur vie et leur état d'esprit.
Je n'ai jamais eu le syndrome des Indes, je ne suis pas partie en courant, je ne me suis pas fait rapatriée, mon discours était peu clair pour que tu l'interprètes de cette manière.

Je n'ai pas voulu faire de leçon de morale mais je voulais répondre à ta question "que faire".
J'ai bien expliqué que ma démarche était personnelle et qu'elle prenait du temps.

Quant à mes motivations pour voyager, c'était en premier un rêve de voyage, puis le temps aidant (car on ne part pas comme ça du jour au lendemain) la volonté de voir VRAIMENT ce qui se passe dans notre monde.

Je ne vois pas pourquoi tu es agressive comme cela ?
Quant à ma réflexion sur les circuits organisés, je pensais surtout aux personnes de mon age.
Faire un circuit organisé à mon age (32), c'est du loisir et du confort ... et non un désir de s'ouvrir aux autres. Tout est tellement formaté dans ces cas là.

Bref, je t'ai posé la question suivante "Pourquoi n'entamerais tu pas ta propre reflexion après avoir visionné ce film au lieu de dire que tu ne peux rien faire ?" et tu l'as prise pour une leçon de moral : ce n'était pas le but, c'était pour te faire réagir.

Enfin les gens qui voyagent en circuit organisé sont ils des bourgeois ? est un autre débat et finalement, ce n'est pas le sujet de cette discussion. Elle est intéressante cette question, j'aurais plein de choses à dire.

Je finis en disant que c'est pénible de lire ta dernière phrase car toi, qu'est ce que tu proposes finalement à part ta prise de conscience avancée et tes critiques à mon égard ?

Dis le nous !

Je dis nous car Kinosam lit la discussion avec intérêt !

Je n'ai pas voulu viser ta personne particulièrement et je n'ai jamais employé le terme de petite bourgroise bien rangée.

Je suis la première à jouir de mon confort quotidien et en France, excepté les personnes en grande détresse financière ou sans domicile fixe ou les réfugiés ou les sans papiers, on est tous des petits bourgeois. Capable de se payer un abonnement pour venir deviser sur le monde qui nous entoure.

A bientot !

NB J'ai relu mon passage sur le parasite, quand je dis que je l'ai vite soigné, en fait c'était pour dire que je l'ai fait soigner 7 mois après alors que les locaux se le coltinent toute leur vie. Sans parler du paludisme évidemment.

NB2 Quant à la propagande, pourquoi pas ? A la guerre comme à la guerre ? Je réponds à la propagande consumériste (le consommateur le roi) à la propagande pacifiste et éclairée sur notre réalité.

2:28 AM  
Jackie Brown said...

Encore une fois je commence mon post en m'excusant: c'est vrai tu as raison, je me suis enflammée, tout en te reprochant de m'avoir "agréssée" j'ai fais la même chose vis-à-vis de toi. J'en suis désolée. Mais pour moi l'équation "voyage organisé+regarde trop la télé=petit bourgeois bien pensant": puisqu'on on est sur le blog de Mathieu Kassovitz, je te renvoie au passage de l'escalator dans la Haine, ça se passe de commentaire. Et comme j'essaie vraiment de me déprendre de ce modèle, ça m'a tuée que tu m'y est rangée sans autre forme de procès.
Et si j'ai été méprisante, c'est parce que ça m'énerve les gens qui partent à l'aventure pour jouer les Indianna Jones dans des pays exotiques, pour se "chercher", et qui une fois à destination s'en prennent plein la face et puis se sentent investis de la mission divine de sauver le monde, sans se poser davantage de questions...c'est ça le «syndrome des Indes», et si je l'ai cité c'était pas directement en référence à ton histoire, c'était plutôt pour illustrer mon propos, et, revanche oblige, te coller une étiquette...C'était pas très judicieux, donc je te présente mes excuses.

Pour le reste, je sais pas trop comment m'expliquer puisqu'à priori j'ai échoué par deux fois. Disons d'abord que je n'ai rien contre Hubert Sauper, je ne mets certainement pas en doute sa parole-ce n'est pas du tout dans ce sens là que je parlais de réalité plus complexe- et je ne prétends pas en savoir plus long que lui sur son sujet. Il dénonce une réalité à laquelle personne ne s'était intéressé, bravo. Maintenant, c'est la forme qui me gêne, parce que quand on choisi un support aussi formidable que le cinéma, c'est pas seulement pour le pouvoir de l'image. Autrement, on fait du journalisme. Je reproche à Hubert Sauper de ne faire qu'apporter un exemple de plus de la misère du monde, avec une complaisance certaine. C'est clair, en matière de dénonciation, on peut difficilement frapper plus fort qu'un plan sur un cadavre d'enfant. Seulement l'effet s'arrête à la dénonciation. Je crois qu'il y a d'autres moyens, c'est ce que je voulais dire par les références aux films que j'ai cités. Ma critique commence et s'arrête là.


Ma question à l'origine n'était pas que faire, ni est-ce qu'on peut faire quelque chose. Cette question elle est constante, et appelle l'affirmative. Le truc, c'est que les médias et certains films s'évertuent à nous prouver le contraire pour qu'on se cale bien dans notre petite routine quotidienne et qu'on ne s'agite pas trop. ça ferait désordre. Franchement, ça m'agace trop de voir les Africains filmés comme des êtres sans volonté seulement réduits à leur peur, leur misère, et leur faim espérant seulement que l'occidental, colon des temps modernes, viennent lui apporter son salut: des hommes qui ont peur de se faire égorger par les rebels, des femmes qui se font violer et des enfants qui pleurent. Rien d'autre et un seul même modèle de l'Afrique dans tous les films occidentaux. Le dernier en date, les Larmes du Soleil. C'est vrai, ils vivent dans la misère, mais il y a tellement d'autre choses, et c'est dans ce sens là uniquement que j'affirme que la réalité est plus complexe. Ces gens rient, parfois quand même, et, est-ce que je peux me risquer à dire qu'ils s'amusent aussi? J'ai vu Oliver Twist hier, dans un tout autre registre: Dickens à l'origine, dénonce la condition des enfants dans l'Angleterre victorienne et l'absurdité de certaines conventions sociales. Pourtant il ne passe pas sa vie à montrer Oliver Twist se faire battre, et s'en prendre plein la face. Et quand il le fait, pas trace de sentimentalisme exacerbé. Beaucoup plus subtil, beaucoup plus complexe. C'est une oeuvre littéraire et depuis peu cinématographique; c'est ce que j'aime voir au cinéma parce qu'en plus de m'instruire en déconçant une réalité, ça m'apporte des outils différents du seul pathos qu'Hubert Sauper étale en long en large et en travers dans son film. Des outils comme l'ironie par exemple. Et c'est beaucoup plus fertil.

Donc voilà; je critique, je critique, et je passe à mon tour pour la moralisatrice de service.
Non, je ne veux surtout pas être péremptoire, je critique parce que j'ai le droit de critiquer, même si j'ai pas de solution concrète à apporter. C'est le propre de toute forme d'expression d'être soumis à la discussion. De là mes réticences vis-à-vis de l'option cinéma-propagande.

J'ai pas de baguette magique, et ma "prise de conscience avancée" peut sembler vaine, mais je me voile pas la face et je peux être critique vis-à-vis des conneries qu'on nous balance quotidien-nement.
La révolte, elle commence contre nos habitudes personnelles -après tout les baskes nike sont fabriquées pour nous...

Pour les solutions donc, désolée je sèche. Mais si tu insistes, je dirais à priori que l'éducation est la clé. Mais rien n'est moins sûr, rien n'est moins vague en tout cas...
Donc je te tire mon chapeau pour ton engagement auprès du commerce équitable et je regrette encore une fois si cette discussion a dévié un moment.

7:00 AM  
noyooz said...

Bonsoir Jachie Brown.
Pour les excuses, cela me réconforte surtout que l'on puisse discuter sans trop d'animosité. Mais je pense que ton premier message n'était pas belliqueux et que je l'étais au contraire, c'est vrai.
Mais trève de plates excuses !

Juste pour rebondir sur ce que tu dis sur l'Afrique : Hubert Sauper en parle dans le bonus DVD. Il cite une situation que tu pourrais rencontrer : tu vois un homme en pleine forme, qui danse, qui sourit et qui est en pleine forme. Et bien il le situe dans une autre réalité : qu'il est en fait issu d'une fatrie ... et qu'il est le seul survivant et que ses frères et soeurs sont morts du sida. Drôle de conception des choses, non ? J'ai mis un moment avant d'essayer de le percevoir. Mais il n'a pas tort. Tous ces fantômes qui hantent l'Afrique...
L'espérance de vie en Zambie est 32.7 ans (source PNUD, 2004). C'est tout simplement vertiginieux. Le SIDA y fait des ravages.
Il y a une multitude d'exemples du meme accabit et la plupart des pays d'Afrique remportent la palme.
Des exemples (ne pense pas que je déballe ma science ou quoi que ce soit, ce n'est pas du tout mon genre d'étaler une quelqueconque connaissance, je le tire juste du rapport mondial sur le developpement humain, c'est pas difficile de recopier).
D'ailleurs cela m'agace les personnes qui assènent des vérités sans qu'on ait la possibilité de vérifier leur véracité.

* Dépenses de santé par habitant : Le plus haut : 4887 $ aux USA
Le plus bas : 12 $ en République Démocratique du Congo (ex : Zaîre)
* Population disposant d’installations sanitaires de qualité (ODM):
Leplus haut : 100% dans bcp de pays occidentaux
Le plus bas : 8% en Rwanda
* Fréquence du VIH (% des 15-49 ans)
Le plus haut : 38,8 % au Swaziland
Le plus bas : < 0,1 % en Finlande, Nouvelle-zélande
En France : 0,4%
*Cas de malaria (pour 100000)
Le plus haut : 75386 en Guinée
Nombreux pays non concernés comme nous !

Ce constat m'accable. Ils y a des centaines de lignes et qui concernent en majorité des pays d'Afrique.

Alors oui ils s'amusent, ils s'aiment et ils dansent mais franchement ce ne doit pas être la joie tous les jours.

Quant au blog de Matthieu Kassoviz, il est clair qu'il attire des personnes ayant des profils similaires, ou tout une moins une partie d'aspiration commune.
Nous en avons certainement, non,

Merci pour cet échange en tout cas.
La prochaine fois, j'essaierai de ne pas faire d'équation et d'être plus subtile :)

1:03 PM  
noyooz said...

Bonsoir Jachie Brown.
Pour les excuses, cela me réconforte surtout que l'on puisse discuter sans trop d'animosité. Mais je pense que ton premier message n'était pas belliqueux et que je l'étais au contraire, c'est vrai.
Mais trève de plates excuses !

Juste pour rebondir sur ce que tu dis sur l'Afrique : Hubert Sauper en parle dans le bonus DVD. Il cite une situation que tu pourrais rencontrer : tu vois un homme en pleine forme, qui danse, qui sourit et qui est en pleine forme. Et bien il le situe dans une autre réalité : qu'il est en fait issu d'une fatrie ... et qu'il est le seul survivant et que ses frères et soeurs sont morts du sida. Drôle de conception des choses, non ? J'ai mis un moment avant d'essayer de le percevoir. Mais il n'a pas tort. Tous ces fantômes qui hantent l'Afrique...
L'espérance de vie en Zambie est 32.7 ans (source PNUD, 2004). C'est tout simplement vertiginieux. Le SIDA y fait des ravages.
Il y a une multitude d'exemples du meme accabit et la plupart des pays d'Afrique remportent la palme.
Des exemples (ne pense pas que je déballe ma science ou quoi que ce soit, ce n'est pas du tout mon genre d'étaler une quelqueconque connaissance, je le tire juste du rapport mondial sur le developpement humain, c'est pas difficile de recopier).
D'ailleurs cela m'agace les personnes qui assènent des vérités sans qu'on ait la possibilité de vérifier leur véracité.

* Dépenses de santé par habitant : Le plus haut : 4887 $ aux USA
Le plus bas : 12 $ en République Démocratique du Congo (ex : Zaîre)
* Population disposant d’installations sanitaires de qualité (ODM):
Leplus haut : 100% dans bcp de pays occidentaux
Le plus bas : 8% en Rwanda
* Fréquence du VIH (% des 15-49 ans)
Le plus haut : 38,8 % au Swaziland
Le plus bas : < 0,1 % en Finlande, Nouvelle-zélande
En France : 0,4%
*Cas de malaria (pour 100000)
Le plus haut : 75386 en Guinée
Nombreux pays non concernés comme nous !

Ce constat m'accable. Ils y a des centaines de lignes et qui concernent en majorité des pays d'Afrique.

Alors oui ils s'amusent, ils s'aiment et ils dansent mais franchement ce ne doit pas être la joie tous les jours.

Quant au blog de Matthieu Kassoviz, il est clair qu'il attire des personnes ayant des profils similaires, ou tout une moins une partie d'aspiration commune.
Nous en avons certainement, non,

Merci pour cet échange en tout cas.
La prochaine fois, j'essaierai de ne pas faire d'équation et d'être plus subtile :)

1:04 PM  
noyooz said...

Désolée pour avoir posté deux fois et pour les fautes d'orthographe.

1:16 PM  
Kassovitz said...

Merci de participer à ces "critiques" et de témoigner votre interet pour ce film exceptionel.

3:48 AM  
Anonymous said...

mathieu K ( comme kaka )

Qui te permet de porter des jugements sur les gnes de la Star AC ?
Ce sont des chanteurs avec plus ou moins du talent mais dans la mesure ou le public apprecie et vote pour eux , c 'est ce qui compte . c 'est sur que si tu passes a la Star ac , meme pas que tu est selectionne avec ta face de cul et le si peu de talent que tu as pour chanter .
le mieux que tu ai a faire c 'est de te la boucler la prochaine fois ...

10:49 AM  
jellabiafro said...

trés constructif....
rassure moi, tu es né aprés 1995, pas avant, rassure moi...

La star ac, ce sont pas des chanteurs, ce sont des trous du cul qui rêvent de paillettes, d'argent facile, de celebrité,dont la culture musicale est souvent pitoyable, et qui sont juste bons a singer, johnny, celine dion ou k-maro...
Le public de débile qui regarde ( et "vote" !!! ) pour ces gens sont sont tout aussi pathétiques et désespérants...
comme toi...
SUICIDE TOI.

11:43 AM  
kinosam said...

Ca serait bien si on essayais éviter le genre de discution et d'échange que les deux précédents postent représentent sur ce blog ci ! La plupart de ces derniers qui pullulent sur le net sont encrassés par des commentaires de ce genre sans aucun argument et totalement gratuits ... Liberté d'expression ne veut pas dire décharge à insultes alors un peu de respect envers nous mêmes svp ...

7:55 PM  
noyooz said...

Merci Kinosam.
Il y a eu du ménage sur le post, j'ai l'impression !
Je voulais vous faire part de ma profonde émotion à la diffusion du film Yasmin de Kenneth Glenaan hier soir dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale au Ciné Cimes.
Je ne sais pas si je peux poster ici ? mais juste pour vous dire qu'il est formidable et qu'il m'a fait bouillir.
Pour sensibiliser le public et s'ouvrir à différentes cultures, il était parfait.
Le constat qu'il dresse est par contre bien effrayant. AAAAAAAAAAAHHHHHHHHHH le piège dans lequel se débat Yasmin, entre sa culture pakistanaise et son sens de l'intégration en Angleterre.
Je le vous conseille également !
Merci pour cette expression libre et comme le dit kinosam, un peu de respect SVP.
A bientot !

12:15 AM  
Fugitive said...

Désolée qu'on ne puisse faire de "trackback" sur tes billets.
Je viens de découvrir, en surfant sur le net, que tu avais écrit un billet sur ce film.
Je l'ai vu ce matin.
Pas remise. Je mélange rouge basique et Normogastril.
Je sais. C'et stupide !
Mais je suis stupide donc c'est "rond tout ça" comme disait la Signoret...

J'aurais bien voulu lier ton billet au mien mais ça n'a pas l'air possible.
Alors juste mon contre-point tout sauf dissonnant.
Mais probablement plus désespéré encore que le tien.
Le Cauchemar de Darwin

11:01 AM  
Fugitive said...

Désolée qu'on ne puisse faire de "trackback" sur tes billets.
Je viens de découvrir, en surfant sur le net, que tu avais écrit un billet sur ce film.
Je l'ai vu ce matin.
Pas remise. Je mélange rouge basique et Normogastril.
Je sais. C'et stupide !
Mais je suis stupide donc c'est "rond tout ça" comme disait la Signoret...

J'aurais bien voulu lier ton billet au mien mais ça n'a pas l'air possible.
Alors juste mon contre-point tout sauf dissonnant.
Mais probablement plus désespéré encore que le tien.
Le Cauchemar de Darwin

11:02 AM  
noyooz said...

Fugitive ton lien ne marche pas.

1:00 AM  
Anonymous said...

on aurait pu prendre aussi l 'exemple des coupeurs de canne au bresil .monde de merde .
il faut faire des gosses pour enrichir les bourgeois de la main d 'oeuvre.des bras .

9:25 AM  
Anonymous said...

de
pat2@lexpress.net
SARKO est un homme admirable matieu
alors critique pas le travail qu'il fait
car il y'en a vraiment à faire
tu retournerais même pas vivre dans les banlieues,avec toutes ces bandes de racailles

9:57 AM  
Anonymous said...

De toi il ne restera rien de positif. Dans 3 ans tout le monde t'aura oublié;

10:19 AM  
Anonymous said...

"Depuis quelque temps, les radios et les télévisions du monde entier essaient d’obtenir de ma part une interview à propos des événements qui secouent les banlieues de France."

MK, c'est vrai, je nen pouvais plus de ton silence, ca devenait pesant, jetais perdu. MK, tes plus fort que Glucksman ds Le Monde et plus intelligent. Et en plus tes deja alle a Hollywood... Et le monde entier attendait que tu parles, non sans blague, je vis a NYC et je peux te dire quon commencait a perdre espoir, ici comme ds le monde entier.
Cest fait, tu tes exprime et de quelle maniere! (inc. references culturelles a la Star Ac, la grande classe). Merci MK, tes le roi.
Un fan des Lilas (9-3)

1:28 PM  
Anonymous said...

Ha quel comique ce Kassovitch,

Y a eu de la censure sur les posts, surtout ceux qui n'allait pas bien dans la ligne du parti => "Mais quel grand mechant loup ce Sarkozy".

Si Kassovitch fait dans la censure et 'atteinte a la liberte d'expression' maintenant, qu'il vienne pas donner de lecon de 'liberte' et civisme en racollant sur le Net.

Et Kasso, contentes toi de faire tes copies de films Americain financee par Maman et l'argent des contribuables Francais.

Personne n'a besoin de tes lecons de savoir vivre a la Bobo. Tu veux te rendre utile, files ton ble a ceux qui en ont vraiment besoin en Banlieue.

PS: Combien de temps mon post va t'il resister a la censure de Kassovitch le minable 'defenseur des libertes face a ce dictateur de Sarkozy'.

11:03 PM  
Anonymous said...

Parler d'intifada dans les cités , c'est réduire la souffrance de ces deux peuples en Israel, honte à toi et aux autres qui profite des mots et des médias pour créer l'amalgamme.

Muriel

1:59 AM  

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