Thursday, November 17, 2005

La france d'en bas...


(English version here)

Depuis quelque temps, les radios et les télévisions du monde entier essaient d’obtenir de ma part une interview à propos des événements qui secouent les banlieues de France.

Je ne peux malheureusement pas honorer toutes les demandes, j’ai donc décidé de m’exprimer sur mon site.

Aussi loin que je veux me tenir de la politique, il est difficile de rester distant face aux dérèglements des politiciens. Et quand ces dérèglements attisent la haine de toute une jeunesse, je me retiens de ne pas encourager les casseurs.

Nicolas SARKOZY, qui est apparu dans la vie médiatique française tel une starlette de la Star ac’, et qui nous abreuve des détails de sa vie privée et de ses ambitions politique depuis quelques années, ne peut s’empêcher de créer l’événement à chaque baisse de sa côte aux sondages IPSOS. Cette fois ci, Nicolas SARKOZY a pris à contre-pied tout ce que la République Française défend. La Liberté, L’égalité, et la Fraternité d’un peuple.

Le ministre de l’intérieur, futur présidentiable, tient des propos qui non seulement démontrent son inexpérience de la politique et des rapports humains (intimement liés), mais qui aussi mettent en lumière l’aspect purement démagogique et égocentrique d’un petit Napoléon en devenir.

Si les banlieues explosent une nouvelle fois aujourd’hui, ce n’est pas dû à un raz le bol général des conditions de vies face auxquelles des générations entières « d’immigrés » doivent se battre quotidiennement. Il n’y a malheureusement pas de combat politique dans ceux qui opposent les jeunes de cités à la police de Nicolas SARKOZY. Ces voitures qui brûlent sont des réactions cutanées face au manque de respect du ministre de l’intérieur envers leur communauté.
Nicolas SARKOZY n’aime pas cette communauté, il veut se débarrasser de cette « racaille » à coups de Karcher et il le hurle haut et fort au milieu d’une cité « chaude » à 11 heures du soir.

La réponse est dans la rue. La « tolérance zéro » fonctionne dans les deux sens.

Il est inadmissible qu’un homme politique (mais en est-il vraiment un ?) se permette de déséquilibrer une situation tendue par des années d’ignorance et d’injustices, et qui se permet de menacer ouvertement toute une partie de la population française sans adresser les vrais problèmes.

En agissant comme un maître de guerre, il ouvre une brèche qui j’espère va l’engloutir.
La haine attise la haine depuis des siècles et pourtant Nicolas SARKOZY pense encore que la répression est le seul moyen d’empêcher la rébellion. Cette volonté de vouloir imposer sa pensée à n’importe quel prix me rappelle d’autres grands leader de notre temps. J’en ai froid dans le dos.

L’Histoire nous prouve que le manque d’ouverture et de philosophie entre différentes communautés engendre la haine et l’affrontement. L’Intifada des différentes banlieues parisiennes ressemble effectivement aux affrontements qui ont opposés les enfants de Palestine armés de pierres, aux soldats d’Israël armés d’Uzis.

L’Histoire se retrouve partout.

Le bruit et la fureur sont les seuls moyens pour beaucoup de communautés de se faire entendre. Les attentats terroristes qui font la une des journaux en sont le résultat.

Et la répression de la terreur par la terreur n’a jamais fait gagner les guerres, elle n’a fait que les entretenir.

Nicolas SARKOZY est un admirateur de la machine de communication de Georges Bush. Il se sert des medias pour grandir son image et manipuler la population.

Comme BUSH, il ne défend pas un idéal, il répond aux peurs qu’il instille lui même dans la tête des gens.

Il aurait engagé la France auprès des Américains dans la « chasse à la Terreur » de Bush. J’en suis convaincu.

Nicolas SARKOZY veut devenir le président de notre république et « personne ne se mettra en travers de son chemin ».

Si cet homme n’échoue pas au moins une fois dans ses démarches pour arriver à la présidence du pays, plus rien effectivement, ne pourra se mettre en travers de son chemin, et sa volonté de toute puissance pourra être enfin exaucée.

L’Histoire se répète t-elle ? Oui. Elle l’a toujours fait. L’envie de Pouvoir et l’égocentrisme de ceux qui pensent détenir une vérité ont TOUJOURS créé des dictateurs.

Nicolas SARKOZY est certainement un petit Napoléon, je ne sais pas s’il a le potentiel d’un grand, mais il sera impossible demain de dire que nous n’étions pas au courant.



Mathieu KASSOVITZ.

396 Comments:

Anonymous said...

Sarkosy est très certainement un crétin. Un petit politicien ambitieux et aboyeur. Loin des problème de lendemain ou de fin de mois. Loin de l'humiliation quotidienne de ceux qui sont dans le combat pour vivre dignement. Mais un peu de mesure cher Mathieu. Nous sommes aussi loin des prémisses de la dictature que nous le sommes de la guerre civile. Trop d'épouventails aux traits forcés banalisent et justifient les paroles insensées du peit imbécile de l'intérieur. bien à vous

8:40 AM  
Eric said...

Bonjour,

Je suis venu sur votre site puis votre blog, après avoir lu la dépèche intitulée "Mathieu Kassovitz compare Nicolas Sarkozy à 'une starlette de la Star Ac'", sur yahoo.
J'avoue que cette lecture m'a déplu : je me suis dit "mais qui est-il pour se permettre de donner son avis de cette façon ?"
A vrai dire, je ne connais pas toutes vos oeuvres et celles que je connais n'ont pas fait de moi un de vos fervants admirateurs.

Ceci dit, après avoir lu l'intégralité de vos propos sur votre blog à propos de Sarkozy, je dois avouer que je partage un votre opinion malgré tout.
Contrairement à d'autres hommes politiques, il mène des actions et le fait savoir, l'inconvénient, c'est qu'il est extrémiste et attise le feu.

Comme beaucoup, je suis inquiet lorsque je croise des "jeunes de banlieu", et pourtant, je suis conscient qu'ils ne sont pas responsables des difficultés qu'ils rencontrent et qu'ils aspirent à une vie meilleure comme tout le monde.

Si seulement Mr Borloo arrivait à occuper une place plus importante à la tête de notre pays, ça lui permettrait sans doute de réaliser les projets qu'ils tente de mener.
J'ai l'impression que c'est quelqu'un de bien.

Cordialement,
Eric

8:48 AM  
loguilvinec said...

Pour plus de lumière!

Je t'appréciais déjà en tant qu'acteur et réalisateur, mais là, ton analyse simple et éclairée du phénomène Sarkosy est déconcertante de justesse - j'espère que ton blog aura de fortes répercussions au niveau de la conscience collective. Il faut que les personnalités publiques prennent clairement position pour dénoncer ce redoutable manipulateur et les techniques qu'il emploie.

Cet homme est dangereux et le parallèle avec Napoléon ou Bush est bien senti, mais il faudra plus pour le démystifier! À moins qu'il ne fasse une erreur politique, cet homme risque fort d'entraînner la France sur la route des soucis...

Un film pourrait peut-être aider à la prise de conscience ??

Pour ce que tu es, merci.

Laurent

10:46 AM  
Anonymous said...

je me fiche éperdumment de Mr Sarkozy ou de tout autre politicien, de gauche, de droite, du centre, de l'avant, de l'arrière, du haut, du bas, etc ...(j'espère avoir cité tout le monde!)mais votre diatribe et les commentaires ci-dessus sont éloquents!
juste une chose: où sont vos solutions?
parce que, quoique vous en disiez, ce sont des solutions qui sont nécessaires, pas des commentaires faciles et démagogiques!
Je suis belge et juste un petit employé, j'ai 53 ans et je commence (dramatique!!! direz-vous: vous, vous l'avez anticipé!) à me dire que, si je suis dépassé par l'évolution des choses, je m'abstiens quand même de "solutionner" par des "critiques aisées"! (vous connaissez mieux que moi: la critique est aisée, l'art est difficile...)
A force de critiquer, il n'y aura plus "d'amateurs..." mais je sais que nous pourrons compter sur vous!!!
courage!!! vous allez devenir important!!!!
(faudra juste apprendre la définition du mot RESPECT : vous verrez : facile!!! mais allez surtout l'appliquer sur le terrain, là quand un gamin de 15 ans jette son cocktail molotov sur la voiture d'un petit pensionné !!!)
Je vous rejoins - peut être - sur un point : quand on "parlera" moins et qu'on "agira" plus, les choses iront mieux!Vous avez la chance d'être célèbre...moi pas mais pourtant j'agis!!! et oui: ma maison est ouverte aux "contestataires" de tous poils!
et tous (oui oui!!!) sont conscients que notre société se pourrit de plus en plus, de jour en jour, grâce à la "finance".
Je compte sur vous pour leur expliquer pourquoi, parce que moi, en Belgique, j'ai un salaire net de 1.672 EUR par mois, ce dont je ne me plains pas! mais je n'ai pas "la" solution à leurs problèmes.
Un conseil "d'ami" : ne crachez pas dans la soupe:c'est elle qui vous permet d'être démocrate!
Comme je n'ai pas envie de m'inscrire sur votre site(pourquoi le devrais-je?), voici mon adresse e-mail: jacques_gerard007@yahoo.fr: j'ai horreur de l'anonymat et si vous souhaitez mes coordonnées, je vous les transmettrai sans problème.
Je vous rassure: vous n'êtes pas "la seule vedette" qui tient ce genre de discours!raison de plus pour vous demander si vous pensez vraiment que votre intervention était, au moins!, "utile"?

10:51 AM  
jellabiafro said...

bonjour
et merci pour ces deux chef d'oeuvres que sont La Haine et Assassin(s)...
Que pense tu des propos de Maurice Dantec (auteur de babylon babies...) , a propos des évenements en banlieues ( et du reste ), visibles sur cet etrange site "sur le ring" ? Je suis resté pour ma part assez étonné de sa virulence et des raccourcis qu'il utilise, vu le puit de savoir ( et de folie ? ) qu'est cet homme...

bonne continuation et pitiéééé... plus jamais de films de fantomes....

11:23 AM  
carmaria said...

Le problème de Monsieur Sarkozy est simple: il veut plaire à tout le monde, les immigrés (par l'idée du droit de vote) et l'extrême droite (par son discours musclé). Quoique... la comparaison avec Bush est-elle juste?
J'espère qu'il se plante royalement et je vais me naturaliser pour empêcher sa victoire aux élections présidentielles.
Bonne chance pour votre blog... et vos films (j'ai adoré "La Haine" - pour moi un des meilleurs films des années 90 - et j'ai bien aimé vous voir dans "Amélie Poulain" et "Amen").
Carla Guerreiro

11:49 AM  
Le Monolecte said...

Bonjour Mathieu,

Ton texte est en train de faire le tour de la blogosphère et des sites d'info différente. C'est une bonne chose.
Cela fait un moment qu'on le voit arriver avec ses gros sabots, le Sarko, mais sa maîtrise de la grammaire médiatique lui permet de faire passer toutes les couleuvres. Combattre l'aspect nauséabond de ce qui n'est pas son idéologie (Sarko n'a qu'une idéologie : celle qui lui permettra d'accéder au pouvoir) est donc une chose difficile au quotidien, surtout que la "sarkozysation" des esprits avance grand train. J'ai eu la nausée quand j'ai entendu des membres du gouvernement en exercice inciter ouvertement à La Haine raciale en exposant la polygamie comme cause des explosions de violence de ces dernières semaines.

Nous avons le même âge et tu dois aussi te souvenir du temps amer des "ratonnades" qui étaient de mise quand on était gamins. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'être 25 ans en arrière et je le vis mal.

J'espère que tes mots porteront d'autant plus que tu jouis d'une certaine notoriété.

Bien à toi!

12:34 PM  
Anonymous said...

Salut a tous,
Je suis un Africain vivant en Afrique, et comme j'aime les news voila pourquoi je suis tombe sur ce blog,
J'aimerais dire a ceux qui pensent qu'en afrique il y a que la pauvrete, ils se trompent, nous sommes plus riche que la france le seul probleme que nous avions est que nous avions ce qu'il faut pour exploiter nos richesses, voila pourquoi nous sommes en retard, en plus nous etions colonises, nos richesses ne nous servent pas, ne developpe que votre pays, et nous sommes bien pour que des gens comme LE Pen ou Sarko soient president, ce sera aussi une occasion pour nous en Afrrique dechasser ces voleurs, de chasser ELf, bouygue et autres qui sont las que pour notre malheurs, les africains qui vivent en france ne peuvent sevir de pretexe pour la france pour reexploiter nos biens, voila pourquoi nous avions beaucoup d'interet a ce que ces racistes soient au pouvoir,
J'ai beaucoup de respect pour Charles De Gaule jusqu'au Chirac qui est un grand president, mais nous aussi en Afrique nous voulons nous developpe et tant qu'il y a Chirac et autres non nationaliste on n'arrivera pas,
voila comment nous voyons les choses en afrique, on a pas peur de ces gens la,

2:08 PM  
pracci2004 said...

Bonjour Mathieu. G pense que tu as effectivement raison sur beaucoup de points. Il est inacceptable( de mon point de vue) que des hommes politiques representant la nation francaise se permettent ainsi des derapages de la sorte! Comment est-ce possible que Nicolas Sarcozie puisse se permettre d insulter ainsi toute 1 communautee etrangeres. OUI en effet ce sont les Arabes et les noirs qui sont specifiquement montrer du doight( peut-etre d autres minorites).Mais ny a t il que eux qui fassent desordre? Ses propos manque de Lumiere. Mais peu etre n la cherche t il pas la Lumiere

2:31 PM  
Anonymous said...

Mathieu un individu ki a commencé sa carrière politik dans sa vingtaine kan ojourdui il en a 50 est loin d'etre une starlette ... Maintenant la seule question kon peu se poser : " c'est pourkoi les "médias" ( conventionnel) en font l'apologie et ne cesse de nous le présenter comme kelkun de "présidentiable" ?

2:44 PM  
Anonymous said...

J'ai lu avec un certain désintérêt la enième philippique, la vôtre, contre l'affreux Sarkozy, ses tartarinades sécuritaires et sa violence verbale. Et je suis déçu. Pas par ce ton qui fait trop penser à celui d'un Candide, ni par l'absence de perspective politique. Ce qui me déçoit, c'est vous, Mathieu Kassovitz.

Vous êtes de ces pessimistes qui croyez qu'en 2007 ça ne peut pas être pire que Sarkozy, moi je suis de ces optimistes qui savent qu'on peut faire pire. Villepin par exemple. Mais je reviendrai à la politique franco-française plus tard, étant Belge, cela ne m'intéresse qu'assez peu finalement.

Malheureusement, votre vision lénifiante des causes de la violence est amblématique d'une société post-coloniale qui s'ignore. On continue à Paris, même chez les gens censés être les mieux informés, de faire semblant qu'il s'agit d'un problème social, de logement, à l'extrême limite on admet qu'il y a un problème de discrimination à l'emploi et de racisme policier.

La réalité est de loin plus terrible: la France est une République Coloniale.

Le déni de l'existence en métropole d'une société ségréguée avec ses "cités" peuplées "d'indigènes" et ses "villes blanches", c'est l'exact reflet de ce qu'est cette République Coloniale: un état qui existe dans les faits mais pas dans l'esprit tordu de ses citoyens.

Car la France ce n'est pas que l'Hexagone, il y a aussi quelques îles peuplées d'anciens esclaves, un grand bout de terre au bout du monde, des confettis dans le Pacifique et surtout un joli pré-carré un peu écorné en Afrique. Allez donc faire un tour à Bamako ou à Brazza: tout est français là-bas, du mobilier urbain à l'uniforme de gendarmes. Les colons sont devenus des "expatriés", l'armée coloniale n'a perdu que cet adjectif et c'est toujours au Havre que le coton, le cacao et les autre produit des monopoles coloniaux transitent.

La haine qui enflamme les banlieues vient de loin. Vous vous inquiétez de la possibilité d'un nouveau Naboléon, d'une hypothétique dictature, mais sans vous révolter contre celle dont vous êtes citoyen, et qui va de Paris ... à Lomé.

C'est cette France là qui est haïe, et pas qu'en Seine St-Denis, à Abidjan aussi.

Sarkozy vous effraye, pourtant c'est le seul homme politique français de droite en faveur de la seule mesure durable qui puisse faire changer les banlieues: le droit de vote des étranger aux élection communales. Car si les cités sont abandonnées c'est parce que leurs habitants sont exclus du débat démocratique et la dictature de la majorité métropolitaine n'est pas moins impitoyable qu'une autre.

Si vous voulez à tout prix avoir peur, remettez l'irrésistible ascension d'un Villepin dans le contexte de sa carrière au Quai d'Orsay, avec l'armée le refuge ultime de l'aristocratie coloniale. Considérez que ce n'est pas à Sarkozy mais bien à Villepin que la France doit d'être pour encore trois mois en état d'urgence. Et puis rappellez vous que ce même de Villepin, si beau parleur à l'ONU en 2003, fut le théoricien de la stratégie française en Afrique Centrale et donc au Rwanda de 1992 à 1995.

Il y a pire que Sarkozy.

Huit cent mille fois pire.

3:45 PM  
kinosam said...

Intéressants ces discutions quoique assez peu originales pour certains avis je trouve mais cette discution montre bien les questions qu'une partie de la population qui à envie de comprendre se posent. Pour ce qui est d'un film sur Sarkozy sachez qu'il y en a en route, bien sur ce ne sera pas une biopic du politique mais une histoire mettant en parrallèle un homme lui ressemblant fortement. Dupontel joue un de sperssonnages et en parle sur son blog passez voir si ca vous intéresse !

7:42 PM  
Anonymous said...

Tu l'as ramène beaucoup pour un Belge que la politique française, je cite :
"intéresse qu'assez peu finalement."

Au fait, on dit Napoléon et pas Naboléon. C'est encore de l'humour belge ca ;-)

8:06 PM  
Un banlieusard said...

Bonjour,
quand je lis votre article sur Sarkozy je me dis que vous feriez mieux de limiter les propos de votre blog aux commentaires des différents films qui composent votre vidéothèque... "L’Intifada des différentes banlieues parisiennes ressemble effectivement aux affrontements qui ont opposés les enfants de Palestine armés de pierres, aux soldats d’Israël armés d’Uzis"...

Vous semblez avoir été aussi souvent en Israel qu'en banlieue parisienne. Il serait bon de vous documenter et d'étayer un peu vos lectures sur la question, et pourquoi pas -mais ce serait une première dans votre démarche- aller sur place voir ce qui se passe réellement, et je parle autant des banlieues que d' Israel. Ca fait bien longtemps que les palestiniens tirent avec autre chose que des cailloux !

"je me retiens de ne pas encourager les casseurs" continuer à vous retenir, on a assez d'incompétents qui s'expriment sur la question et qui se chargent de faire une jolie carrière de victimes à cette minorité de casseurs qui ne sont rien d'autre que des délinquants. Et ayez une toute petite pensée pour ceux qui vivent cette violence au quotidien, qui se réveillent le matin et découvrent leur véhicule incendié. Ah que c'est commode d'avoir un discours d'expert sur les banlieues entre un restau fashion et une boite VIP quand on habite le centre cossu de Paris. Mais il faudrait de temps en temps penser à venir observer la réalité, celle sur laquelle vous avez vous aussi surfé pour votre premier succès public. Ca vous fait au moins un point commun avec Sarkozy !

10:36 PM  
Anonymous said...

Puisque vous nous le permettez, deux commentaires :

1/ Lorsque vous évoquez la demande des "médias du monde entier" de recueillir vos propos (dans la page qui mène à cet article), lorsque vous prétendez que les "médias conventionnels s'emparent de [ces] propos", on peut se demander où est la mégalomanie, non ? Je suis un grand lecteur de journaux, et cela quotidiennement et j'avoue ne jamais plus, ou presque, y lire votre nom, y compris d'ailleurs dans les pages cinéma.

2/ Il est d'autant plus improbable que les médias cherchent à vous voler vos mots, qu'ils sont désespérement convenus ou outrés. Il semblerait que vous ayez conscience en écrivant qu'il n'y a rien de très original, ni de vraiment prouvé dans ce que vous dites, et ainsi vous êtes tenté de faire du personnel simplement par cette sorte de fabulation stupide qui vous faire voir le pire dans une perspective -l'élection de Napoléon- que je ne souhaite pas mais qui ne serait qu'un choix démocratique de la majorité. Dire que c'est ouvrir la porte à la dictature vous plonge dans le ridicule de ces gens de droite qui pronostiquait l'arrivée simultanée de chars soviétiques avec celle de Mitterrand à la tête du pays.

Vous ne prouvez qu'une chose : le blog est cette géniale invention récente qui permet à tout le monde de parler et donne ainsi à l'imbécile discours de comptoir les apparences trompeuses de la modernité.

Bien à vous.

12:26 AM  
Nicolas Auvillain said...

Bonjour,

j'ai toujours le même sentiment face aux réactions envers les hommes politiques: ils font avec ce qu'ils ont.
La plupart des français vont juger Sarkozy sur une phrase contenant le mot 'racaille'. On peut classer les gens dans plusieurs catégories grossières, l'une d'entre elles pouvant être 'racaille', qu'on peut définir par "personne faisant plus de mal que de bien, ayant la possibilité de faire mieux". J'ai des amis immigrés qui ont lutté pour s'intégrer, dans des conditions rendues difficiles par leur manque d'éducation. Ils ont persévéré, s'en sont sorti, ont eu des diplômes. D'autres vont baisser les bras, et se dire que faire partie de la 'racaille' est la meilleure solution pour eux.

La question se pose ensuite: comment les convaincre de ne pas agir de la sorte ? Bien sûr on essaie de les aider, il y a des aides gouvernementales - peut-être insuffisantes - mais leur obstacle principal est la défiance des gens (ce ne sont pas les politiques qui ne les embauchent pas) et le fait que oui, ils sont dans un pays différent. Ca n'est pas facile, et ça ne peut pas être facile. Il n'est pas aisé de mélanger les cultures en quelques années. On ne peut pas aussi se saigner aux quatre veines pour eux, car alors ces conditions royales se sauront, la vague d'immigration décuplera, et on en viendra à un point où on ne peut pas fournir de conditions royales à tout ce monde - on en reviendra à la situation actuelle.

Il faut qu'ils soient convaincus que sombrer dans la petite délinquance ne peut pas être une bonne solution, même si elle améliore leur qualité de vie à court terme. Je ne sais pas comment les convaincre, et je pense que montrer que la police est plus stricte est le seul moyen pour l'instant. Je hais la police et son pouvoir myope autant qu'eux pratiquement - mais j'accepte sa présence.

Sarkozy va dans le sens des US, c'est sûr et regrettable, mais c'est une solution pratique pour l'instant. Avec les marchés émergents comme la Chine, il nous faut être compétitifs pour s'imposer là-bas et avoir assez de répondant pour contrer les US. C'est un petit sacrifice pour un gain énorme à long terme.
D'un côté c'est ironique: Sarkozy tient compte de ses voisins, car il sait que le succès tient à cela. On ne peut pas les ignorer.

Merci en tout cas pour ce blog - rien de telle qu'une bonne discussion démocratique!

1:31 AM  
Foxapoildur said...

Sarkozy est l’incarnation d’une tendance qui se dessine assez nettement en France mais surtout aux Etat-Unis et qu’on pourrait baptiser « libéral-fascisme ». D’un côté on donne de plus en plus de libertés aux entreprises, aux patrons, aux décideurs. De l’autre on restreint les libertés accordés aux individus. Le flicage, le fichage, la tolérance zéro, vise uniquement les individus et surtout les plus pauvres.

En matière judiciaire c’est assez flagrant. Tout le monde peut assister à la mise en place d’une justice à deux vitesses, de plus en plus répressive à l’égard de certaines catégories sociales et tolérante voire laxiste à l’égard de la délinquance en col blanc. Des salauds détournent de l’argent public, ils prennent du sursis. Un pauvre type insulte Sarkozy, il fait de la prison ferme.

Dernier avatar du libéral-fascisme : la carte d’identité électronique, payante, obligatoire et infalsifiable. Pour ceux qui douteraient du danger de cette mesure, il me suffit de leur dire que si mon grand père a vécu jusqu’à l’âge de 83 ans, c’est parce qu’en 1942, il a pu falsifier sa carte d’identité.

On compare souvent Sarkozy à Le Pen ce qui n’est pas tout à fait juste. Oui, il marche bien sur les plates bandes de Le Pen. Il a notamment fait adopter 25 des 50 mesures que Le Pen proposait en matière de sécurité et d’immigration. Beaucoup de l’électorat du FN s’est tourné vers Sarkozy, le jugeant plus fréquentable. Mais la comparaison s’arrête là.

On imagine aisément qu’un gouvernement dirigé par LePen serait corrompu et stupide, et donc vulnérable. Il ne serait pas très difficile à renverser.

En revanche avec Sarkozy, ce serait une autre paire de manche. La société rêvée par Sarkozy se rapproche plutôt de celle décrite par Orwell dans 1984 : un contrôle total (et totalitaire) des individus par un Etat policier tout puissant. Toute possibilité de révolte étant éradiquée par un dispositif mediatico-informatique toujours plus sophistiqué. Une présence renforcée des forces de police chez les riches. Des zones de non-droit chez les pauvres, mais surveillées par des milliers de caméra vidéo (c’est déjà un peu le cas me direz vous). De plus l’utilisation de plus en plus fréquente de puces électroniques (carte d’identité, portables, cartes de crédit) et la centralisation des fichiers informatiques permettront de localiser à tout moment n’importe quel individu. On imagine Jean Moulin parachuté dans une société pareille. Le pauvre ne survivrait pas longtemps.

Bref tout ça pour en venir à cette idée : il est une liberté qui garantit toutes les autres, c’est la liberté de se révolter. Sans cette liberté, les autres ne valent rien. Or c’est précisément cette liberté que Sarkozy veut anéantir. En cela, il a une âme de despote.

Evidemment dans une société qui a remplacé la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » par « Confort, Hygiène, Sécurité » mon discours peut paraître aberrant. Et pourtant si on y réfléchit, tout le malaise, tous nos malaises viennent de cette simple constatation : nous avons perdu le goût de la liberté.

Et qui mieux que Sarkozy peut incarner la volonté d’un peuple qui crève de trouille en regardant le journal télévisé et qui ne demande qu’une chose : continuer à dormir.

2:26 AM  
Aulnay said...

Je voudrais t'apporter mon témoignage en ce qui concerne ce qu'on appelle pudiquement les évènements en banlieues.
Dès le premier jour des émeutes , sentant que ça allait prendre une dimension incontrôlable, j'ai créé sur Skyblog, de la radio Skyrock, le 1er blog relatant les faits.
Au bout de 3 jours d'émeutes Sky m'a désactivé mon blog,sans prévenir.
Ce blog s'appelait " aulnay-sous-bois", il devenait bien sûr dangereux puisqu'il était arrivé à la 15 ème place du top100.
Sachant qu'en France il t a env. 5 millions de blogueurs, dont + de 3 millions pour Sky, on comprends la réaction de Sky, évidement mis en garde par l'équipe à Sarkozy.
Je n'ai pas abandonné et dans la lancée j'ai créé un nouveau blog avec le même nom,à une lettre près.
Il s'intitule "aulnaysousboi01".
Lui aussi c'est mis à marcher très fort.Il a été cité à Canal+ au grand journal et, je n'en reviens toujours pas sur The News Times,les américains se frottant, bien sûr les mains en voyant ce qui ce passe chez nous donneur de leçon!
Tout ça pour te dire que j'aime, profondément toute ton oeuvre et que politiquement je partage à 100%
ton opinion sur Sarko-heil !
Mon blog actuel, dans lequel la case commentaires à été désactivée par Sky ( merci Sky-Sarko )et où je me suis permis de publier ton texte sur Sarko:
http://aulnaysousboi01.skyblog.com

2:39 AM  
Anonymous said...

Quoi qu'en disent les détracteurs, l'important c'est d'en discuter, d'échanger les impressions et les points de vue plutôt que d'avaler tout cru l'interprétation des médias.
Tu profites de ta notoriété pour permettre celà je dis "merci".

3:39 AM  
Marc said...

Bravo de laisser comparer Sarko à Hitler, il appréciera... C'est bien sur moins insultant que le terme racaille...
Pour Aulnay, les commentaires de la plupart des blogs ont été supprimés et c'est bien normal, puisqu'ils incitaient à la haine, et permettaient à ces délinquants de faire de la surenchère entre départements et entre cités. Mais bon aparamment toi ça te semblait normal. Pour moi c'est pas de la dictature, c'est du bon sens.

3:54 AM  
mamar de marseille said...

Notre pays est une force, une richesse avec le tout multiculturel, nous devons faire avec tout le monde pour continuer le résultat de ce mixage et l'améliorer. L'intégration et le mot cité sont présent dans les discours de certains malades depuis le début des années 90. Sachant que l'état fait preuve d'amnésie avec tout son collectif et subalternes en mode OFF, nous allons face à un mur, celui de la réalité.
Français et Françaises lachez-vous servez-vous de votre cérébrale ou après l'intégration façon colonialisme, nous allons connaitre la désintégration version starwars. Pensons aux enfants qui sont la suite de nous même. Allez! lachez-vous................
Peace and unity..........................
ps: le site est en construction

3:57 AM  
mamar de marseille said...

m de marseille
l'adresse en construction: http://mamsracing1.chez.tiscali.fr

4:00 AM  
Une de la France du milieu said...

Bonjour Monsieur Kassovitz, je ne ferais pas de discours comme vous je n'en suis pas capable mais j'ai moi aussi du mal à rester distante face à la dégringolade dans la violence qui a pour ma part atteint l'insupportable.

Vous dites : Et quand ces dérèglements attisent la haine de toute une jeunesse, je me retiens de ne pas encourager les casseurs.

Et pourquoi la haine de vos "chers Casseurs et autres barbares" est-elle reportée sur la population française ?
Vous avez raison vous et certains chanteurs de rap par exp "Abstenez-vous d'encourager ces criminels" !


Je pense que nous avons un gros problème de délinquance et d'assistanat dans notre pays, ces problèmes de délinquance ne touchent pas physiquement les politiciens mais bien les citoyens de la France du milieu,
la france du milieu c'est celle qui est pénalisée, qui est détroussée, qui n'obtient aucune aide, qui paie pour les autres, qui connaît l'injustice et qui bataille au jour le jour pour vivre dans ce monde de dingues... et qui doit se la fermer pour ne pas être traitée de fasciste ou de raciste.

Je pense qu'un grand nombre de personnes n'a pas été choqué par les propos de Mr Sarkozy mais elles le seront surement par les votres...

Liberté, Egalité, Fraternité ne veut pas dire :

- Libre de faire n'importe quoi au détriment d'autrui
- Victimes et Coupables tous égaux
- Tuons-nous et brulons-nous les uns les autres puisque nous sommes frères

4:11 AM  
Anonymous said...

Les paroles du titre - Le monde de demain - du groupe NTM datent de 1989 et nous sommes en 2005.
Cela fait 16 ans déjà et ces paroles sont encore d'actualité.
Amha :
- Le monde de demain - lançait un message d'avertissement "la jeunesse est en danger" et appelait à la défense de nos valeurs "Liberté, Egalité, Fraternité" (plus particulièrement à l'Egalité), valeurs que vous rappelez dans votre article.
- Le monde de demain - ne lançait pas un appel à la violence mais un appel au changement.
- Le monde de demain - lançait un message d'espoir.

Aujourd'hui, les choses ne semblent pas avoir beaucoup changé et la situation est sans doute même pire qu'il y a 15 ans avec à mon avis des inquiétudes en plus : la religion et les médias ont acquis beaucoup plus de pouvoir.
Nos valeurs fondatrices vers lesquelles nous devrions tendre "Liberté, Egalité et Fraternité" sont à mon avis sérieusement mises en danger aujourd'hui, encore plus qu'hier et des Monsieur S. y contribue. Ces trois mots ont déjà disparu de nos pièces de monnaies, ils s'effacent sur d'autres supports.

Merci pour votre article Kasso.
A ceux qui trouvent que vous n'aviez pas à l'écrire, je me permets de rappeler que cette phrase date de plus de 200 ans :

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.

Franck

4:15 AM  
Anonymous said...

Nous avons aujourd hui, nous muets de france, les moyens legaux pour faire entendre notre voix.
L utilisation des techniques professionnelles s' ouvrant toujours plus au grand public rend accessible pour un petit budget toute production mediatique quelle qu' elle soit.
Film amateur, animation,
Site internet, net TV, Radio
Soiree avec diffusion des oeuvres libres de droits.
Happening, Vernissage.
Tout cela pour diffuser un compte rendu fiable de notre population, ses differences et ses points commun.
La diffusion a grande echelle reste un probleme, mais je suis sur que cela ne saurais tarder. Avec 256 chaines de tele, plus de 150 net TV et des sites a plus savoir qu en faire, y a de la place pour tout le monde.

Et Bienvenu dans les revolutions mediatiques...

4:20 AM  
Anonymous said...

La haine naît du mépris, de l'arrogance... oui. Et où est la haine ?
Le mépris c’est celui de la France qui a trop longtemps ignoré les vrais problèmes de ces populations.
Aujourd’hui, la fermeté doit répondre à la haine et la violence, la très grande fermeté à la grande violence.
Sarkozy est Ministre de l'intérieur pour l'instant.
En quoi est-il responsable de notre mépris ou de notre arrogance ces dernières décennies ?
Il faut d'abord combattre la haine... et elle est aujourd'hui trop ancrée.
ON lui reproche son activisme en communication : nous sommes dans une Société de communication. Aujourd’hui la communication précède l’action. Et comme il agit beaucoup, et qu’il est (reconnaissons –le) le seul à avoir de vraies (bonnes ?) idées....
Comment lui reprocher cela ?
Les gens l’écoutent, les gens le lisent parce qu’il leur parle. Ce ne sont pas les téléspectateurs passifs de TF1.
Ce sont les actifs, ceux qui font vivre cette France et qui veulent qu’elle grandisse.

S’il on veut changer les choses : il faut avoir le pouvoir il en a toujours été ainsi, sinon on parle, on parle (... comme vous).
»Le pouvoir se prend il ne se donne pas »... ou alors c’est ce que l’on appelle du piston M. Kassovitz....
M. Sarkozy le sait, lui qui n'est pas pistonné, il s’en donne les moyens.
Pour commencer à régler le problème de cette fracture, il faut donner envie à tous d'aimer la France.
Il faut que la France donne envie d'être aimée.
Pour l'instant ça n'a jamais été le boulot de Sarko.
Mais je me dis que si on lui en donnait l'occasion, il rendrait leur fierté à bien des Français. Lui et lui seul.

J Parsifal

4:50 AM  
AnArtChTi said...

Sarah et Yévoh !
Le Keurkiba !
L'état Liban !
Y va, Yvanovitch !
L'Art évolu, si on feux éh !
Sarko le ptit facho !

Musicos sont recherchés

FEUX ON LA FEE TEUH !

6:04 AM  
Anonymous said...

C'est marrant de critiquer Sarko quand on sait qu'il est lui meme un enfant d'immigré.
Pourquoi lui y est arrivé et pourquoi les jeunes de banlieu n'y arrivent pas aujourd'hui ?

Pourquoi les comunautés asiatiques n'ont pas les mêmes soucis que ces jeunes de banlieu ?

C'est vrai que pour ces jeunes de banlieu, "le respect, c'est pas quelque chose qu'on donne, c'est quelque chose qu'on prend" (j'aurais plutot envie de dire qu'on vole...)
Ca résume assez bien la situation.

Si la discrimination était si forte qu'ils le prétendent, je n'aurais pas tant de collègues étrangers diplomés bac+5, dans l'entreprise qui m'emploie !!!
La discrimination est la même pour tout le monde : c'est le diplome et l'expérience qui priment en milieu professionel.
Il y a ceux qui acceptent de se battre pour s'en sortir et ceux qui attendent que d'autres viennent les aider pour s'en sortir.
Faut dire que quand on les habitue à avoir des aides pour tout, finalement, ca les aide peut etre pas tant que ca...

Croyez moi, vu les économies que souhaite faire le gouvernement (en ne rempboursant plus les médicaments, en diminuant le chomage, en taxant un peu plus les contribuables sur le tabac, l'essence et les controles de vitesse), si les enfants d'immigres (à x generations pres, puisque c'est comme ca qu'ils se definissent) n'avaient aucune chance de s'en sortir en France, ca fait longtemps qu'on les empecherait d'aller suivre des etudes !!!
Et si c'etait si evident pour tout le monde, il y aurait moins d'etrangers qui se presseraient pour venir en France profiter de nos conditions de vie.

Allez, sans rancune et bravo pour votre mise en avant sur un sujet qui ne vous concerne pas

Nanti !

6:09 AM  
Alex said...

Ca fuse sur ce blog... Bravo Kasso, tu montres l'exemple, pour une fois que la notoriété est utilisée de façon utile (ce n'est pas un pléonasme).
Tant que le nabot n'est pas président, on peut encore dire de lui que c'est de la graine de dictateur. Après ce sera peut-être plus difficile...

Puisque ce terme suscite débat (Sarkozy est-il un dictateur en puissance ?) regardons cela de près :
1) parmi ceux qui le soutiennent, ceux-ci le font non pas pour ses idées (certains illuminés affirmant qu'il est le seul à en avoir sont incapables d'en citer une seule qui soit de lui) mais plutôt pour son allure de vainqueur (personnellement je ne suis pas dupe) : on se rallie à ce qu'on croit être la majorité pour être dans le "bon camp" quand l'heure sera venue.
Cela s'appelle être partisan. Cela ne s'applique pas à tous ceux qui le soutiennent, mais il est celui qui recueille le plus de soutiens (et de rejets) partisans. Je suis un exemple inverse (je ne supporte plus de voir sa tronche) et évidemment j'alimente le côté partisan opposé.
Il faudrait rapprocher cette situation à celle d'autres hommes politiques, comme par exemple Lionel Jospin, que l'on va combattre plus généralement sur ses idées et sur ses actes, et non pas sur sa personne.
Comme la plupart des dictateurs, il divise la société en deux : les "farouchement pour", et les "farouchement contre", et cette frontière traverse chaque ville, chaque foyer. Elle traverse même les Champs-Elysées le samedi soir...
Observons l'Amérique Latine, siège de nombreuses dictatures passées ou présentes : les gens s'épuisent depuis des années à se combattre les uns les autres à "Son" sujet au lieu d'aller tous vers le même objectif commun.
C'est ce que l'on appelle diviser pour régner, et ce blog en est une preuve supplémentaire.

2) Censure, contrôle et instrumentalisation des media : nous en avons chaque jour un exemple. Aujourd'hui, par exemple, c'est la censure de la biographie de son ex, j'imagine pour que l'on évite de propager la rumeur qu'il l'a trompée maintes fois. Aux Etats-Unis (ce modèle cher à Sarko) cela a coûté par le passé la présidentielle à certains.
Il utilise l'audimat, et en cela la comparaison avec la StarAc est je trouve excellente. Espérons que son semblant de succès sera aussi éphémère que celui des Star "Académiciens".
On en vient à confondre audimat et popularité, et cela va évidemment dans son sens.

3) Il développe, grâce à ces mêmes media, un culte de la personnalité. Tout bon dictateur qui se respecte (Staline, Mussolini, Castro, Mao, Pinochet) en fait de même.
D'ailleurs on peut remarquer que les media l'appellent souvent par son prénom : par exemple à la une du Parisien d'aujourd'hui.
C'est une caractéristique de toutes les dictatures dont celles citées ci-dessus. Cela s'explique : il est omniprésent dans le paysage médiatique, il n'y a plus que lui, il devient donc un personnage familier, comme Nounours ou Casimir (il est un peu plus dangereux à mon avis).
A tel point qu'on n'a plus besoin de préciser de quel Nicolas il s'agit, on ne risque pas de confondre avec Nicolas Peyrac par exemple.

4) Ce que l'on nomme à la hâte son "action" politique se résume en réalité à faire de la punition à grande échelle, et en particulier en stigmatisant les minorités. Ca plaît à ceux qui n'ont aucune idée, et ça masque l'absence réelle d'action constructive. Il est évidemment toujours plus facile et plus visible de détruire dans le court terme que de construire dans le long terme.
Pire, il élabore des lois injustes qui ratissent très large : cela permet de placer en situation de "hors-la-loi" un maximum de personnes sur qui un jour ou l'autre on pourra taper plus facilement. Dans toutes les dictatures on procède ainsi, et malheureusement beaucoup en redemandent, car chacun pense que la fermeté va s'adresser à son voisin.

5) Il ment effrontément et trafique la réalité, c'est peut-être une déformation professionnelle (à la base cet individu est avocat). Ce n'est peut-être pas une nouveauté en politique mais la réaction partisane (voir point 1) suscitée est l'admiration ; d'ordinaire on condamne les menteurs (exemple Chirac, mais pas au sens judiciaire bien entendu).
Il attire donc le genre de qualificatif de "bon orateur" (c'est-à-dire qu'il dise la vérité ou non, on l'admire pour la forme de son discours et non le fond). Les derniers à avoir reçu ce qualificatif se prénomment Jean-Marie, Adolf, Benito, Staline.

Voilà, la liste n'est certainement pas exhaustive, la réflexion est en cours...

6) Ah si j'oubliais : l'utilisation détournée des fichiers et des caméras de police est à ajouter.

Bref, la montée du Sarkozysme est une fanfare. Alors parlons, crions haut et fort tous en choeur et plus fort que lui, avant de n'avoir pour seule "liberté d'expression" que celle de chuchoter son prénom.

Pardon pour la longueur du texte

6:18 AM  
Nico said...

Oh le méchant Nicolas qui ose se préoccuper des vrais problèmes des français... Il a ses défauts et ses qualités, ses partisans et ses opposants. Je vois que sa popularité grandissante fait peur à une partie (mineure de notre pays), tant pis pour eux. Il est temps que ce pays qui décline depuis des années se redresse enfin.
Apprenez à vous renseigner avant de raconter des conneries. Ce n'est pas lui qui a interdit la parution du bouquin de Cécilia mais Cécilia elle même car elle a été abusée par la journaliste avec qui elle avait écrit le livre, stop à la désinformation.
Et à ceux qui demandent du respect, apprenez donc à en avoir pour un ministre de la république en évitant de le traiter de nabot ou de facho (terme ridicule employé aujourd'hui pour tout et n'importe quoi).

6:44 AM  
Alex said...

un peu comme "racaille" ou "voyou"...
Le respect ça se mérite, surtout quand on a l'ambition de Présider.

6:55 AM  
Anonymous said...

Je crois que ce dernier commentaire reprend bien les arguments anti Sarkozy.
J'ai envie de répondre à 2/3 points... le reste ça n'en vaut pas la peine.
Argument 1: "Franchement pour" et "franchement contre" donc dictateur (!!!...): c'était comment pour De Gaule et pour Mitterand: exactement pareil: ce sont des dictateurs????
Censure?... Il ya tellement de vautours dans les médias , tant de gens de mauvaises fois, tant de haine et de faux culs qu'il faut bien contrôler ceux qui sont capables de mettre sur la place publique son histoire intime. Et ne reprenez pas le coup du "il l'a cherché", pas juque là quand même! Ce serait ça le fascisme!

ET le raciste c'est vous qui "ne supportez pas sa tronche" qui le qualifiez de "nabot" et insinuez que "les avocats sont des menteurs".


Moi je pense que vous avez peur, parce que vous avez votre mode de pensées, vous êtes protégés par le système et que vous voulez continuer à voir la France telle qu'elle n'est pas.
Heureusement - pour vous aussi - une majorité de Français deviennent lucides et veulent agir et s'adapter à notre monde.

Janos Lajos

6:58 AM  
Alex said...

Je vais donc préciser ma pensée :

le métier d'avocat est absolument indispensable à une démocratie.
Il consiste à défendre toute personne accusée, et donc défendre parfois l'indéfendable, c'est la règle du jeu.
C'est le cheval de bataille de la star (encore une) des avocats Maitre Verges qui a défendu Klaus Barbie par exemple.

Le responsable politique, en revanche, a un devoir de vérité, et trahit la société quand il lui ment.

Quant au racisme, merci de le combattre. Ne plus supporter la tronche de Sarko est tout-à-fait d'un autre ordre. Cela signifie tout simplement qu'on le voit trop dans les media, jusqu'à l'écoeurement. Je ne crois pas être le seul à en avoir la nausée.

Sarko, quant à lui, manipule avec une aisance qui fait frémir les idées d'extrême droite que nous étions si nombreux à combattre en 2002, malgré le coup de bluff sur le droit de vote aux immigrés qui, tout le monde le sait, ne verra jamais le jour.

Concernant le "farouchement pour" et "farouchement contre" : comparé à d'autres personnages politiques actuels, on peut remarquer qu'il suscite, d'un côté comme de l'autre, des réactions violentes. C'est exactement ce qu'il recherche, car son objectif est de régner, et ceci en divisant, en provoquant des réactions violentes de tous côtés. Je tenais à observer que c'est justement l'apanage de chaque dictateur.
Mon but ici est de montrer les mécanismes d'une dictature, et de les comparer à ceux utilisés par Sarko qui n'en est pas encore un.

Quand on agite le Karcher, on fait monter la pression.
Quand on joue avec les allumettes dans une zone aride, on risque de mettre le feu partout.

8:23 AM  
AyQuECaLoooR said...

Cher Mathieu,
j'étais sur le site de radio nova dans la rubrique "news" et je vois "kassovitz charge sarko", alors me voici...

Je n'ai pas lu tous les commentaires, mais je vois que les avis sont partagés. Je ne suis qu'une jeune étudiante, je suis de temps en temps les infos mais plus régulièrement depuis que je vois ce qu'il se passe ici. J'habite dans un quartier pourri, mais mon école se trouve à saint germain des prés. Quelle ironie !
Je vois des "stars" prendre leur café le matin, et quand je rentre le soir je vois des vieux qui font les poubelles en bas de chez moi, et je fais attention de ne pas rentrer trop tard et surtout pas à pied.
J'ai souvent peur pour moi, pour ma famille, et le discours du FN ne me rassure pas. Celui de Nicolas Sarkozy non plus, mais à part lui on n'entend as grand monde non plus.

Alors si on ne veut plus de violence que faut-il faire? Les critiques pleuvent mais on attend toujours des solutions. Sans parler de brûler des voiture, une de mes amies s'est vue pointée par un fusil à pompe parce qu'elle n'avait pas répondu à un mec qui lui disait qu'elle était bonne alors qu'elle était avec son mec. Ben ouais bien sûr, ces mecs là c'est un boulot qu'ils veulent!
Est ce qu'on peut parler de revendications quand les "casseurs" ont treize ans? Le problème est bien plus complexe que ça et tout est lié. Pour la plupart d'entre eux, je pense (et mon avis n'engage personne) qu'ils sont cons comme des poules, les poules qui chient là où elles mangent - a part le fait de bruler les voitures des voisins, c'est sympa aussi de pisser dans l'ascenseur que prend ta famille..
Et ils n'ont rien à foutre non plus des gens qu'ils agressent, alors je suis désolée mais là Sarko a raison, où alors ok t'as agressé qqn ah ouais mais c'est vrai t'habites dans une banlieue mon pauvre tu galères alors c'est pas grave rentre chez toi?
Et ben ce genre d'individu, le président de sos racisme a dit que c'étaient des "petits le pen de quartier" et là personne n'a rien dit. Parce que lui on ne peut pas le traiter de raciste. Le problème est trop complexe et tout est lié, et je n'ai pas non plus de solutions miracles car l'idéal serait de tout régler au cas par cas.

Moi non plus je n'ai pas de tee-shirt à vendre ( mais je compte être millionaire incessamment sous peu, d'ailleurs peut être m'appeleras tu pour faire les décors de l'un de tes films ), mes parents ne sont pas français, mais je me bats tous les jours et je ne suis pas la seule. Alors plus que de Sarko qui vit dans son monde et qui croit bien faire (le pauvre), j'ai peur et de la police, et des racailles.

En tous cas la galère je la connais, et je sais que si tous les gens qui avaient des problèmes faisaient chier leur monde et bien ce serait invivable.

Même si tu dis que "la discussion est maintenant terminée", je ne pense pas t'avoir appris quoi que ce soit, mais je suis contente d'avoir pu m'exprimer, alors merci de t'occuper un peu de tout ça sans faire de récup commerciale.

A bientôt,

Elodie (hhtp://spaces.msn.com/members/ayquecalooor/)

9:45 AM  
candice p said...

salut,

comme le dit elodie, je ne comprend pas pourquoi les jeunes (et moins jeunes aussi) ont PEUR de la POLICE !!!!

il est vrai que mathieu k n'apporte pas de solutions (en meme temps il commente juste un fait d'actualité)...mais je pense que le gouvernement actuel ne fait pas mieux (eux aussi font beaucoup de commentaires)... peut etre que la repression n'est pas LA SOLUTION aux problèmes possés

desolé, moi non plus je n'ai pas de solutions seuleument des QUESTIONS liées à des INQUIETUDES ...

10:22 AM  
Anonymous said...

l'histoire se repette en effet comme a Brixton en Angleterre ou a Los Angeles. On ne peu pas traiter des gens comme de la merde et leur demander d'accepter. La seule ligne de defense du gouvernement est : ce sont des casseurs des crimminels sans meme se demander si ces gens vivent decement. Ils ne veulent meme pas que les violences cessent (en tout cas pas si cela impique avoir des mesures plus profondes que de mettre tout le monde en prison) au contraire c'est un argument electoral choc pour eux. Chaque election ils nous ressorte le coup de la securite et tout les medias tombent dans le panneau a chaque putain de fois. La seule racaille que je connais c'est Niclas Sarkosy, c'est lui qui allume la meche, il leur cracherait a la gueule se serait la meme chose. Personne ne veut aider les cités par ce qu'on ne veut meme pas les voir. C'est triste a dire mais si apres toutes ces voitures brulées ils ne comprennent toujours pas c'est qu'il n'y a rien a faire pour eux. Comme disent les gignoles c'est digne d'une fin de repas ou d'un discours du front national en plus hypocrite. Et c'est pas chirac l'hypocrite de service cache dans son palais qui va nous aider

10:24 AM  
Eric Dahyot said...

Cher tous,
Je suis Français, j'ai 39 ans, et je partage le point de vue et la révolte de Monsieur Kassovitz et de beaucoup d'entre vous concernant NS, j'ajouterai qu'il applique des méthodes rodées par les Pires d'aujourd'hui (et d'hier): la methode Bush pour l'utilisation de la peur (voir l'exellent dessin animé de SOUTH PARK sur les Américains et la peur), la méthode Sharon pour l'utilisation de la provocation ( son passages dans les citées en criant "Racaille" ne ressemble-t-il pas à la "sortie" de M.Sharon sur l'esplanade des mosquées?: le resultat a en tout cas été similaire)
La PEUR et la HAINE de l'AUTRE, qui en découle bien souvent, rassemble autour d'un meneur (fuhrer)
Ns, je crois, connait bien ces mecanismes et en use, comme ses congénères et prédécésseurs, dans un but de pouvoir. Ses supporters nous vantent ses prétendus succès en économie, de la même manière que l'on a pu entendre: "cet Hitler, au moins, il a remonté l'économie de son pays..." "il nous protège de la racaille communiste..." (je suis né en 1966, mais je l'ai souvent entendu... il est aussi admis que de nombreux Français le disaient jusqu'à l'arrivée des Américains)
Justement, NS n'est-il pas le candidat rêvé pour nos DASSAULT, LAGARDERE, qui tiennent la grande majorité des médias aujourd'hui? Quand on fabrique des armes, il faut les vendre, et donc il faut faire la guerre...
N'est-il pas aussi le candidat du MEDEF, dont la chef est patronne de l'IFOP, et le sous-chef son frère
Pour mon ami Belge: non, je ne crois pas qu'il y ait huit cent mille fois pire!
Merci Mathieu "de l'ouvrir" : ta notoriété et ton talent sont bienvenus

10:26 AM  
Guillermo said...

Yes je peux laisser un commentaire et être lu par Mathieu K., c'est quand meme sympa les blogs. Mais... Mathieu a t il été récupéré par les trublions d'extreme gauche, et n'aurait pas grand chose d'autre à nous proposer qu'un anti sarkozisme assez largement partagé ?

Les stars sont comme nous autres gens ordinaires ???

Surement pas mais ce blog en donne l'impression trompeuse. Donc je suis un peu déçu, c'est pas super original, le seul intéret est de labelliser Kassowitz des propos assez classiques.

10:43 AM  
zimigri said...

salut mathieu, je suis d'accord avec vous : les cités se sont embrasées en réponse au mépris affiché par un ministre de l'intérieur.
pourtant alors que ce dernier bat le pavé, ses collégues ministres demeurent invisibles.
pire le ps se tait et la gauche dans son ensemble semble mal à l'aise.

11:26 AM  
Anonymous said...

Intifada of the Banlieues
by Alana Lentin 17 november 2005 on www.opendemocracy.net
It is November 2005 and the banlieues of France have been burning for twelve nights. Young men of ‘immigrant origin’, mainly black and North African have taken to the streets. They have burnt cars, buses and schools. They have vandalised a police station, factories and churches. Police officers have been injured with shot guns and Molotov cocktails. Anger quickly ignited in the poor suburbs that surround the capital. By the eleventh night, there was a veritable uprising raging across France.

The wave of anger was triggered by the deaths of two young men, electrocuted as they hid in a power substation in the Parisian suburb of Clichy-sous-bois. A third teenager who survived by running away claimed that the three were hiding after being pursued by the police. The police claims that the young men were mistaken and deny any link between their deaths and the ensuing violence.

This denial encapsulates the problem that this wave of violence uncovers. So focused on buzz words such as integration and social cohesion, the alleged antidotes to the problems of the ‘disadvantaged areas’, there is a widespread inability in France to go to the heart of the matter. The interior minister, Nicolas Sarkozy, well-known and admired (if not always liked) for his politics of zero tolerance, proposes a crackdown on the violence, and harsh treatment for its perpetrators. Some argue that, on the contrary, it is necessary to change the image people have of the banlieues as no-go areas and to give those who live there a sense of local pride. Others more radically propose that the root of the violence is the exclusion of young black and Arab people from French society, the high levels of unemployment, the ensuing poverty and the police harassment that they are confronted with as a matter of course.

The violence should not come as a surprise. Several commentators have spoken of France’s impoverished ghettoes as ticking time bombs waiting to explode. What is striking however is the relative silence with which the eruption is being met. President Jacques Chirac waited ten days before making a statement, while Nicolas Sarkozy’s promise to clean the suburbs of ‘scum’ inflamed the rioters’ anger and was quickly hushed-up by the administration. Television chat shows on the topic have presented a one-sided view of the rioters as bored youth with nothing better to do than destroy everything in sight. Guests decry the absence of parental control and the restraint reaction of the police. The most echoing silence of all is that of the left-wing, anti-racist and human rights organisations. Quick to descend to the streets to demonstrate in support of the Palestinian Intifada or against the occupation of Iraq, they have kept total silence on the home-grown ‘resistance movement’ which is taking its first steps across the concrete jungles.

This response should not surprise anyone with an understanding of France’s history of post-colonial immigration and the republican model of integration it has attempted to impose. France’s political culture makes it impossible for anyone who does not completely embrace the values of the Republic to access the public sphere: foreign residents were not even legally permitted to establish associations in France until 1981. The problem is that defenders of human rights and anti-racists tend to belong to that very French group of ‘intellectuals’ whose lives in the affluent centres rarely coincide with those in the distant banlieues. There is a belief, instilled in France through the public education system, that the values of liberty, equality and fraternity are universally accessible through a commonly applied principle of meritocracy. Those who fail to find a place in this system are professing anti-republican values such as the much dreaded communautarisme of which France’s religious Muslims (but not Christians or Jews) are accused.

What both the Right and the Left in France are therefore unable to see is that the uprising of the suburban youth, haphazard and unpleasant as it may be, is not apolitical. It is not, as one commentator has claimed, a battle between gangs in different suburbs competing to create the most havoc. The rioters have a declared aim: the removal of Nicolas Sarkozy. Their action mirrors the uprisings that swept through the black ghettoes of the United States in the 60s and 70s and those of Brixton and Toxteth among others in 1980s Britain. The rioters then and now protest against the heavy handed policing of poor, non-white people in neighbourhoods that have become no man’s lands, severed from the centres of political, cultural and economic life.

The reason that the French political arena cannot explain or propose solutions to the deep seated problems unveiled by the rioters is that it is incapable of listening to their grievances. They are either in the clutches of radical Islam or hooligans looking for a fight. The political myths of secularism and the rule of law at the base of French political culture make it impossible to think politically about the actions of those who reject both. Many young people of immigrant origin reject secularist ideology because it clearly discriminates against Islam specifically: culturally, the French state is still clearly Catholic. Neither does the rule of law command any respect when it is mainly experienced as oppressive policing based on a system of racial profiling that targets young black and North African men. The rioting symbolically tramples on these lofty principles and begs a response. By responding by imposing a curfew, France’s answer is clearly that these young men are the ‘enemy within’ they always suspected they were considered to be. History has been abruptly recalled: the government is remobilising a 1955 law brought in to impose curfews on the Algerian shanty towns of France during the War of Independence.

The malaise at the heart of the suburbs will not be rectified, as has been proposed over recent days, by an acceptance of cultural diversity or the injection of more cash into the banlieues alone. France, like all multicultural post-colonial societies, must accept and redress the institutionalisation of racist discrimination within its political, social and economic structures. It must accept that the anger of the descendents of non-white immigrants is also for their fathers and grandfathers, housed in makeshift shanty towns while they rebuilt a war torn France. They live with the legacy of Algeria and the penance that North African immigrants are still doing for France’s defeat there.

They will not be appeased by the promise of the right to vote in local elections or the building of Mosques and the funding of Muslim schools. While many, even towards the left of the political spectrum, have been encouraged by these proposals, put forward by Sarkozy with a view on the presidency, the rioters know that they will change nothing. Such a carrot and stick policy is doomed to fail because it infantilises and depoliticises their action. If anything is to change in France, it is the political message written in the ashes of the burnt out cars that must be listened to. It says that integration cannot be one-sided. Society must change in order to reflect the realities of the population as a whole, and not just the ideals which myths such as the ‘universal brotherhood of man’ have been created to artificially sustain. After all that very ideal was the basis for a revolution that happened in France. Maybe now it’s time for another!

12:32 PM  
Anonymous said...

Cher Mathieu, tous ces individus, ce fameux monsieur Sarkozi,ainsi que ces "racailles" (qui se nomment ainsi eux mêmes), sont à jeter dans le même sac, ils sont absolument identiques dans leurs dénuements d'intelligence, d'amour, de respect et de tolérance vis à vis de l'autre.
Ils se ressemblent également par leur satisfaction du fait qu'on parle d'eux à la téloche... Ils bandent de savoir qu'ils apparaitront dans les journaux. Il y a de quoi être misanthrope, ce que je suis de plus en plus.
Ceci dit, qu'ils continuent de cramer les bagnoles, ca fera des armes légales et des usines à gaz toxique en moins ! Je suis pour l'abolition totale et définitive de la voiture en ville.
Bien à vous, je vous aime.
Un admirateur.

2:29 PM  
Anonymous said...

Trop facile la théorie du "bouc émmissaire Sarkozy". c'est la France qui est malade et il n'y a pas de remede miracle.

9:51 PM  
Elie said...

This post has been removed by the author.

10:03 PM  
cooly said...

bonjour mathieu
La dernière fois que je suis allée à la courneuve, Mathieu j'ai vu
Irréversible en live mais bellucci c'etait moi ,j'étais aussi enceinte, et le violeur ils étaient 3 le tunnel c'était un local poubelles
o mathieu what the night avec des gens si gentils
trop cool
j'ai cherché gaspard noé, il y etait pas,(il devait montrer sa bite à vincent gallo), les projos n'y étaient pas non plus
et le cachet de la bellucch je l'attend toujours .
par contre moi qui aie toujours positivé, bossé comme une folle , defendue les oprimés,j'ai cru que j'allais mourrir là, dans un local à poubelles sans l'avoir mérité() j'ai vu un psy pendant des années et j'en suis toujours fracassée .


Mathieu es tu allé voter au 1er tour des dernières presidentielles?
peut etre pas? dommage

Vis tu au moins en france?

Pays où dans les cités comme dans les restes du monde ,99% des gens vivent bien ensemble ,et 1% fait chier tout le monde

10:10 PM  
Elie said...

"Comme BUSH, il ne défend pas un idéal, il répond aux peurs qu’il instille lui-même dans la tête des gens."
Alors, c'est pour ca, je pense, que je suis heureuse de n'habiter pas en "Bush Country". Je voulais dire que la naivete des gens ici dispare lentement, maintenant. Quand la geurre en Iraq a commencer, mon pere Americain a cru l'histoire des WMDs, parcequ'il ne pouvait pas croire que le gouvernement mentait a propos de quelque chose si importante. J'ai aussi une belle-mere Alsacienne. Elle nous a dits que c'etaient des mensonges, seulement fabriquait pour donner raison a aller chercher la benzine.
Qu'est-ce que vous pensez de deVillepin?
S'il vous plait, pardonez mon francais horrible. Je suis une eleve.
Interresais par votre oeuvre,
Elie

10:14 PM  
Anonymous said...

L'Express du 17/11/2005
Une interview exclusive
Nicolas Sarkozy contre-attaque

par Denis Jeambar

Banlieues, sécurité, immigration... Au cœur de la crise où la révolte des cités a plongé le pays, le ministre de l'Intérieur s'explique. Cet entretien décapant avec Denis Jeambar en dit long sur sa vision de la France et sur sa manière de faire de la politique

L'Express. Comme vous n'avez pas la réputation d'être un homme irréfléchi, on n'imagine guère que vos propos et votre action, ces dernières semaines, face à la crise des banlieues, aient obéi à une sorte d'excitation fébrile ou de précipitation face à l'événement. On a même le sentiment que vous avez appliqué à la lettre la recette suivante: affirmer une fermeté absolue dans votre volonté d'affronter les émeutes pour démontrer que chacune de vos décisions est signe de courage. Vous voulez apparaître, d'abord, comme le ministre qui a le courage physique d'aller sur le terrain au contact de la réalité. Vous voulez être, ensuite, l'homme qui a le courage de nommer les choses en utilisant les mots du monde réel: «Kärcher», «racaille», etc. Bref, contrairement à une idée reçue, je ne vois aucun dérapage dans votre action, mais plutôt un calcul permanent. Vous vous moquez des réactions désagréables que vous provoquez, car, même dans cette crise, vous avez délibérément choisi vos moyens en cherchant à jeter le trouble. L'essentiel est d'orchestrer le débat politique autour de vous et d'installer l'idée que vous êtes le seul acteur politique vraiment courageux. Autant dire qu'au milieu de ces événements difficiles vous êtes ministre, bien sûr, mais que vous vous employez également à sculpter votre personnage dans la perspective de la présidentielle.

Nicolas Sarkozy. Vous avez à la fois raison et tort. Vous avez raison parce que mon action procède, en effet, d'une analyse. J'ai beaucoup réfléchi et travaillé ces questions. Mais vous avez tort quand vous laissez supposer qu'il y a dans cette affaire une question d'ego. J'ai une grande expérience de la vie politique et je sais qu'agir en fonction de son seul ego conduit à l'échec. Je reviens aux faits et à mon analyse. 1 Français sur 2 qui ne vote pas. Trois tsunamis politiques graves en trois ans: la présidentielle de 2002, les élections de 2004 et le référendum de 2005. Une classe politique de moins en moins audible. Des discours, dont tant de nos concitoyens se disent: il n'y a rien à retenir et pas davantage à entendre. Tant de Français qui pensent que ceux qui prononcent ces discours ne croient pas un mot de ce qu'ils disent. C'est pour cela que j'ai parlé de la nécessité de la rupture dans notre façon de faire de la politique. Mon propos allait bien au-delà de la conjoncture ou de mon souci de ne pas m'inscrire simplement dans un bilan. J'ai la conviction que ce n'est pas la politique qui n'intéresse pas; c'est l'absence de débat politique qui consterne. C'est à partir de ce constat que j'ai décidé de parler des raisons de la crise et des problèmes de la France, de façon à être entendu et compris. Quel médecin pourrait se permettre de dire qu'il a trouvé le bon remède s'il n'a pas, d'abord, le courage d'établir le vrai diagnostic? La France ne trouve pas de solutions structurelles à la crise qui la traverse parce que ses élites n'ont pas le courage de dresser le véritable diagnostic sur cette crise. C'est pour cela que j'ai appelé à la rupture, mais je ne me suis pas contenté de cela. Le premier, j'ai dit que le modèle social français était à bout de souffle. Le premier, j'ai dit que l'intégration à la française était un échec. Parmi les premiers, j'ai dit que les banlieues étaient des poudrières, qu'il fallait faire une place aux musulmans de France, qu'il fallait engager le pays sur la voie de la discrimination positive à la française en faisant plus pour ceux qui ont moins. Vous dites que je m'intéresse bien peu aux réactions hostiles à mes propos: c'est vrai. Elles sont classiques et témoignent surtout de l'immobilisme d'une partie de la classe politique qui attaque toujours celui qui a le «tort» d'agir. On pourrait reprendre le texte de cette chanson de Béart: «Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté», et l'adapter ainsi: «Il a voulu tenter d'agir, il doit être arrêté.» Il est si commode de parler pour ne rien dire ou de commenter pour ne rien faire! Enfin, l'idée que je fais tout cela dans la seule perspective de la présidentielle est absurde. Mes convictions sont affirmées depuis des années. J'ai proposé, par exemple, le droit de vote des immigrés aux municipales dès 2001. En définitive, ce qui manque en France, c'est un vrai débat. Je veux redonner des couleurs et de la force à un débat d'idées aujourd'hui moribond.

Photos : © T. Dudoit/L'Express

Le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire dialogue avec Denis Jeambar, dimanche 13 novembre.






De toute évidence, vous avez sciemment décidé, pour vous différencier, d'utiliser ce que vous appelez les «vrais mots». Votre mode de communication est très innovant, de ce point de vue: vous préférez parler de «racaille» plutôt que de «délinquants» ou de «viols» plutôt que de «tournantes». Vous pensez être mieux entendu et mieux compris ainsi. Vous êtes convaincu que vous renouez le fil avec les Français en parlant comme eux. Mais cette démarche calculée, voulue, que vous assumez pleinement, soulève plusieurs questions. Sur le rôle du politique, d'abord: on peut parler net sans parler cru, dire des choses claires en élevant le niveau, considérer qu'il y a une exemplarité aussi dans le langage de l'homme public. Il n'y avait rien de plus tranché et tranchant que les conférences de presse du général de Gaulle. Pour autant, le propos n'était jamais vulgaire. A quoi sert ce qu'il faut bien appeler votre démagogie sémantique et verbale? Elle plaît, peut-être, dans l'instant, mais, sur le fond, elle est dangereuse, car elle vous pousse à l'imprécision et à l'amalgame. Le mot «racaille» est en effet utilisé quotidiennement dans les banlieues, mais c'est un terme collectif, qui englobe tout le monde et qui est désastreux face à des individus qui ont perdu tout sens de la responsabilité personnelle. Il n'est pas culpabilisant: il fait plaisir à ceux qui condamnent de l'extérieur ces auteurs de violences, mais il n'a aucun impact sur eux. Vous parlez à l'opinion, pas à ces individus. Bref, si c'est bon pour votre popularité, ça n'a aucune efficacité, bien au contraire, dans les banlieues. Vos mots masquent votre impuissance pratique, qu'on pourrait résumer ainsi: malgré tout ce que vous avez dit et fait, malgré la mobilisation énorme des forces de police, on brûle des centaines de voitures et des bâtiments publics chaque nuit aux portes de Paris et de nombreuses villes. La vérité, c'est que des portions entières du territoire ne sont plus sous le contrôle de l'Etat depuis fort longtemps.











N. S. Qu'est-ce que vous me reprochez? D'appeler un voyou un voyou? De dire que je veux débarrasser les banlieues d'un trafic que l'on commente depuis des années sans s'y attaquer? C'est vrai, les banlieues, ça fait bien longtemps qu'on sait ce qui s'y passe et ça fait trente ans qu'on a décidé, consciemment ou inconsciemment, de les laisser dépérir dans leur coin en contournant le problème. On a essayé d'acheter le calme en retirant les services publics et en créant les conditions d'une politique sociale centrée sur l'assistanat. Tant d'habitants de nos quartiers se sont ainsi sentis abandonnés par la République!

Vous pouvez préciser cette accusation?

N. S. La police et la gendarmerie n'ont jamais eu les consignes pour aller en profondeur dans les banlieues. Je prends un exemple: entre 1997 et 2002, il y a eu 25 journées d'émeutes et guère d'interpellations! Je ne sais pas si la consigne avait été donnée, mais elle a été parfaitement exécutée: ne rien faire. Nous venons de connaître 18 jours d'émeutes et nous avons, à ce jour, procédé à près de 3 000 interpellations. Dans la polémique sur cette crise, j'ai très bien vu que certains observateurs demandaient que l'on retire les forces de l'ordre pour ramener le calme et expliquaient que les émeutes étaient liées à la présence de la police et à un ministre de l'Intérieur qui entendait faire régner l'ordre public dans ces zones de non-droit. La vérité, c'est que, depuis quarante ans, on a mis en place une stratégie erronée pour les banlieues. D'une certaine manière, plus on a consacré de moyens à la politique de la ville, moins on a obtenu de résultats. Dire cela, c'est regarder la situation telle qu'elle est. Le quantitatif n'est pas la solution. Le temps est venu de parler des vrais problèmes. J'ajoute un dernier mot: fallait-il que je touche là où ça fait mal pour que les mots que j'ai prononcés suscitent un tel débat! J'observe que les habitants des banlieues, eux, m'ont compris: c'est la réalité qu'ils vivent. Ce sont toujours les mêmes qui ont fait mine de ne pas comprendre. Enfin, je voudrais dire qu'il y a un mot qu'on ne prononce jamais quand on parle des banlieues: c'est le mot «peur». Un certain nombre de Français vivent avec la peur au ventre. Peur parce qu'ils sont des oubliés de la République! Ils ne vont plus voter parce qu'ils n'ont plus d'espérance et ne croient plus les gens d'en haut, qui parlent, discourent et ne font rien pour eux. Quant au souci de provoquer, un certain nombre d'observateurs et de responsables politiques sont si sensibles que, pour ne pas provoquer, il faudrait ne rien dire. C'est si triste qu'à leur place j'aurais choisi de faire un autre métier... Je ne me suis pas engagé dans la politique pour ne rien dire. Je l'ai fait pour défendre mes convictions, définir une ligne stratégique et la porter. Je continuerai ainsi.

«Je ne veux pas de l'ordre des mafias et je ne veux pas plus de l'ordre des barbus. Je veux l'ordre de la République»

Je pense que vous avez pour stratégie de profiter de chaque occasion qui se présente à vous pour incarner le volontarisme en politique et faire passer l'idée que, avec vous, il est possible de changer le cours des choses et que vous êtes le seul à oser. Mais, si vous nommez la réalité, si vous la décrivez, en revanche, on ne peut dire que vous ayez vraiment agi sur elle. Prenons des exemples de vos actions depuis 2002. En matière de sécurité, malgré votre habileté à dire le contraire en jouant avec les statistiques, vous savez bien que les violences et atteintes aux personnes n'ont cessé de progresser. En Corse, on peut reconnaître que vous avez détruit le système Pieri, ce qui n'est pas rien, mais, par ailleurs, il ne reste absolument rien de votre projet politique initial pour l'île. Pour ce qui est de la lutte contre la hausse des prix quand vous étiez ministre de l'Economie et des Finances, vos injonctions aux grandes surfaces ont fait «pschitt», comme dirait Jacques Chirac. Quatrième dossier, qui nous ramène aux banlieues: l'islam et la laïcité. Aujourd'hui, vous donnez le sentiment d'être l'arroseur arrosé, tant le bilan de votre Conseil français du culte musulman (CFCM) est dérisoire. Où voyez-vous que ce clergé officiel ait fabriqué de la cohésion sociale et qu'a-t-il fait dans cette crise, sinon sombrer dans l'impuissance? Enfin, vous avez défendu la discrimination positive et vous avez réclamé haut et fort des préfets musulmans. Or, qui s'est opposé à vous dans ce gouvernement, sinon Azouz Begag, un pur produit de cette discrimination positive? Vous avez allumé la mèche du communautarisme, et la grenade vous saute aujourd'hui à la figure.

N. S. Absurde! Comme si c'était moi qui étais responsable du communautarisme! Pouvez-vous me regarder et me dire en face que le communautarisme, c'est moi? Le communautarisme, il naît de la faiblesse de l'Etat républicain. Quand l'Etat ne remplit plus son rôle, les membres d'une communauté se retournent vers celle-ci pour être défendus, faute de l'être par l'Etat.

Je partage cette analyse.

N. S. Alors, comment pouvez-vous laisser entendre que je suis responsable du développement du communautarisme dans ce pays? Mais je reviens sur les questions concernant mon action. Vous dites: vous n'avez pas tout résolu. C'est bien pour cela que je continue. Qui peut raisonnablement penser que le ministre de l'Intérieur, dans un gouvernement dont il ne définit pas la ligne politique, pourrait tout résoudre? Vous évoquez la Corse, mais vous oubliez de dire que nous avons arrêté Colonna. Ma volonté politique a permis d'aboutir. Le système Pieri, vous passez un peu vite: dans certains journaux, on a fait de Pieri une sorte de Che Guevara du pauvre. Je l'ai, moi, appelé l' «Al Capone corse» et la justice l'a emprisonné pour dix ans. On respire mieux en Corse, aujourd'hui. La mouvance nationaliste n'a jamais été aussi faible en Corse depuis les événements d'Aléria, en 1975. 500 personnes seulement aux universités de Corte, cet été, on n'y avait jamais vu aussi peu de monde depuis leur création!

Votre projet initial, que vous avez soumis à référendum, a tout de même échoué!
© T. Dudoit/L'Express




«Il n'est pas de pire risque pour la France, aujourd'hui, que celui qui consisterait à ne pas en prendre»


N. S. Mon projet politique pour la Corse, c'était d'abord d'y faire reculer la peur, et elle a reculé. Je reconnais que je n'ai pas réussi à créer les conditions du développement dans l'île, mais je suis ministre de l'Intérieur et rien d'autre. Par ailleurs, comment voulez-vous qu'en trois ans j'efface trente années d'échecs? J'en viens aux prix dans les grandes surfaces. J'ai mis le doigt sur l'inflation provoquée par le passage à l'euro et, depuis que j'ai fait ça, les prix ont effectivement baissé dans les grandes surfaces. Les prix des 5 000 produits de marque les plus consommés ont baissé de plus de 4% quand j'étais ministre. Qui le dit? C'était un problème, je l'ai analysé et j'ai obtenu des résultats. Sur les violences, il y a 400 000 crimes et délits en moins chaque année depuis que je suis ministre de l'Intérieur. 17% de moins en octobre 2005, par rapport à octobre 2001. Que diriez-vous si c'était en plus! C'est vrai qu'il y a de nouveaux phénomènes - les violences urbaines, les violences intrafamiliales, les violences dans les stades. Ils figurent parmi mes priorités. Mais reconnaissez qu'il n'est pas simple de lutter contre les violences au sein des familles. J'en viens à l'islam de France: comment pouvez-vous oublier ces grands moments de la vie de la République, quand le CFCM a déclaré publiquement qu'il ne se reconnaissait pas dans les tortionnaires qui avaient enlevé vos confrères journalistes en Irak? Quand l'UOIF [Union des organisations islamiques de France], qui concurrence, au bon sens du terme, les salafistes dans les cités, a adressé une fatwa pour déclarer qu'on ne pouvait pas se dire bon musulman et se faire l'apôtre de la violence dans les banlieues? Eh bien, je me suis dit en entendant cela que ce que j'avais fait était utile! Vous ne pouvez pas dire le contraire.

Où voyez-vous que le CFCM a recréé du lien social dans les banlieues et pris le relais de l'Etat déficient? C'était ce que vous espériez, et vous avez échoué.

N. S. Je n'ai jamais dit ça.

C'était le cœur de votre livre sur la laïcité, l'année dernière. Nous en avons âprement débattu dans les colonnes de L'Express.

N. S. Je n'ai pas dit ça. J'ai dit que les religions étaient capables de redonner du sens à la vie et que la question spirituelle était plus importante que la question temporelle, notamment dans des quartiers qui sont devenus des déserts culturels et cultuels. Je n'ai jamais parlé du lien social. Je ne veux pas de l'ordre des mafias et je ne veux pas plus de l'ordre des barbus. Je veux l'ordre de la République. Maintenant, sur le bilan soi-disant dérisoire du CFCM, comment pouvez-vous dire cela, alors que 1 300 mosquées ont participé à la définition de l'islam de France, deuxième religion de notre pays, au cas où vous l'auriez oublié? Si ce bilan-là est dérisoire, que devrait-on dire des autres! Quant à la discrimination positive, je suis choqué qu'il n'y ait pas plus de préfets de minorités visibles, je suis choqué que, quand on est musulman ou originaire d'Afrique noire, on ne se reconnaisse pas dans les magistrats, dans les généraux, dans la haute fonction publique. La France est multiple; cette multitude est une richesse. Je ne veux pas d'une élite française unique. Quant à Azouz Begag, il a le droit de penser et de dire ce qu'il veut, je ne polémiquerai pas avec lui. Je dis simplement: je suis allé 46 fois dans les banlieues depuis que je suis ministre de l'Intérieur; pendant la crise, j'y suis allé toutes les nuits, et je vais continuer à y aller. Je parle d'une réalité que je connais et je m'adresse à des gens qui m'entendent. Tous les sondages le montrent: les habitants des cités ont compris que l'action que je mène est pour eux, pas pour ceux qui n'y vivent plus depuis longtemps ou qui n'y vont jamais. Moi, mon travail, c'est d'être compris de ceux qui y habitent, qui baissent la tête quand ils rentrent dans leur immeuble parce que des voyous leur rendent la vie impossible. Je suis du côté de ces gens-là. Je n'ai allumé aucune mèche. Quant à la grenade qui me saute à la figure, les Français sont moins sévères que vous, puisqu'ils me mettent en tête de ceux dont ils attendent des solutions. Je ne dis pas que j'ai toujours raison, mais au moins j'essaie, je cherche. J'ai la volonté de briser le carcan de la réflexion unique. Je voudrais dire ceci à vos lecteurs: dans ma démarche, je veux qu'on me reconnaisse le droit à l'erreur, parce que l'erreur est moins grave que le fait de ne pas tenter, de ne pas bousculer. Vous n'avez pas fait une erreur, vous, quand vous avez décidé de sortir L'Express le lundi? En bref, je considère qu'il n'est pas de pire risque pour la France, aujourd'hui, que celui qui consisterait à ne pas en prendre. On ne réglera pas les problèmes de la France de 2005 avec les idées d'il y a trente ans. Elles ont déjà échoué il y a trente ans. Elles échoueront aujourd'hui et l'on ne peut pas demander à celui qui cherche à avancer de ne jamais se tromper, parce que la peur de l'échec, c'est l'immobilisme. Oui, j'ai connu un échec en Corse avec le référendum, oui, j'ai pu me tromper. Mais peu importe, car ce qui compte, c'est d'essayer d'avancer, de soulever des montagnes, de dire à la France: «Regarde-toi telle que tu es», de refuser l'immobilisme qui, lui, conduit toujours à l'échec et à l'impasse. Mon credo, c'est qu'il n'existe aucune fatalité.

Croyez-vous vraiment que le rôle de l'homme public soit d'imiter les gens en reprenant leurs mots? Il y a dans ce pays un énorme déficit de représentation, mais on ne demande pas pour le combler d'imiter les gens comme on imite le cri des bêtes! Vous êtes élu pour prendre en charge les problèmes et leur trouver des solutions, pas pour jouer les Laurent Gerra! D'ailleurs, ça ne trompe personne: regardez ce qui est arrivé à Laurent Fabius avec ses confidences sur son goût pour les carottes râpées et sur sa passion pour le Loft! La même chose vous guette avec votre nouveau parler-vrai: c'est de la politique réduite à la communication.
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«La police va arriver dans les quartiers à 17 heures et partir à 4 heures, parce que ce sont les horaires des voyous»


N. S. D'abord, il n'y a aucune vulgarité dans mes propos et je n'imite personne. Peut-être y a-t-il surtout trop de mondanités dans le débat politique: on parle entre nous de sujets qui ne concernent personne avec des mots que personne ne comprend. La sémantique, ça compte. Les idées, les mots, les concepts servent à déverrouiller l'action. Je prends une image: la communication est à l'action ce que l'aviation est à l'infanterie; l'aviation doit passer pour que l'infanterie puisse sortir; c'est lorsqu'on a gagné la bataille de la communication qu'on peut commencer à agir. Il y a vingt-cinq ans, on agissait puis on communiquait; à présent, tout a changé, c'est parce qu'on a communiqué et qu'on s'est fait comprendre qu'on peut agir. Quand je dis «racaille», je ne parle pas des jeunes, contrairement à ce qu'on cherche à faire croire, ni des jeunes ni des habitants des banlieues, je ne fais aucun amalgame, je fais même le contraire. Je désigne avec un mot qui n'est pas assez fort ceux qui ont tué d'un coup de poing un homme âgé, qui ont battu à mort un autre en train de prendre des photos dans la rue, qui ont mis le feu aux cheveux d'une infirme. Quand je dis Kärcher, tout le monde comprend que je veux agir en profondeur pour débarrasser les quartiers des trafics et des trafiquants, pour la tranquillité de ceux qui y vivent. Alors, c'est vrai, j'ouvre des débats. Depuis quatre ans, c'est d'ailleurs moi qui les ai portés. Sans exception! Y a-t-il de la vulgarité dans tout cela? Etait-ce vulgaire de s'opposer à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne? Etait-ce vulgaire de demander de définir un acquis social? Etait-ce vulgaire de remettre en question les 35 heures? Etait-ce vulgaire de dire qu'il n'y avait pas une politique économique, mais plusieurs? Etait-ce vulgaire d'être le premier à parler du problème des banlieues? Je demande à être comparé au leader du premier parti d'opposition de France. Quelles sont les idées neuves qu'a lancées François Hollande depuis quatre ans? J'ai fait de mon parti le premier lieu du débat politique en France. Alors, de grâce, ne me comparez pas à Laurent Gerra!

Il a beaucoup de talent.

N. S. C'est vrai, vous auriez dû le préciser dans votre question! Plus sérieusement, j'ai profondément changé dans ma manière de faire de la politique et je ne cesse d'avoir plus d'appétit pour le débat d'idées. Je ne parle pas des carottes râpées, de la Star Ac et des autres comme Laurent Fabius. Je suis au cœur du débat politique parce que j'essaie de porter des alternatives sur les grands problèmes de la France.

En 1994, dans son bréviaire électoral, La France pour tous, Jacques Chirac écrivait avec une extraordinaire lucidité: «L'urgence, c'est d'abord la situation dans les banlieues où les droits sont bafoués, à commencer par le droit à la sécurité. Il n'est pas acceptable qu'en France, à la fin du XXe siècle, de véritables “favelas” forment le terreau d'une économie de type mafieux. Voués à la marginalité parce qu'en situation d'échec scolaire, les jeunes sont l'objet des pires tentations. Une insécurité permanente dissuade toute initiative économique; une immigration clandestine et incontrôlable contribue à y rendre la situation plus dramatique. Il faut lancer immédiatement un plan national de reconquête de ces zones…» J'imagine, qu'en son temps au moins, même si vous défendiez alors la candidature d'Edouard Balladur, vous avez lu ce texte. Il est si remarquable que personne, aujourd'hui, ne peut dire, sauf à être d'une totale mauvaise foi: nous ne savions pas. Le diagnostic était impeccable et les remèdes proposés très précis: traitement économique pour offrir de l'emploi à tous, traitement social d'accompagnement, lutte contre l'échec scolaire. Où est l'erreur? Vous-même, ne vous êtes-vous pas trompé en différant votre loi sur la prévention, annoncée pour mars 2003 et que vous ne présenterez qu'à la fin de ce mois de novembre 2005? Ce gouvernement ne s'est-il pas trompé en supprimant les emplois-jeunes et en croyant que la seule réhabilitation de l'habitat réglerait les difficultés? A quoi servent des logements neufs quand on n'a pas de revenus pour les entretenir et vivre? En supprimant la police de proximité, en donnant comme seule priorité à vos troupes la répression, en insistant sur la «culture du résultat», en ironisant sur les policiers transformés en «agents d'ambiance», vous-même, n'avez-vous pas obéi à cette loi simpliste de l'alternance qui veut qu'on fasse table rase de tout le travail de ceux qui vous ont précédé?

N. S. Je voudrais d'abord dire que ce n'est pas la première fois que je suis d'accord avec le diagnostic de Jacques Chirac. Depuis 2002, par ailleurs, nous avons beaucoup fait. Mais je voudrais, surtout, qu'on en finisse avec quarante années d'erreurs, droite et gauche confondues. J'en vois quatre importantes. Première erreur: on a cherché à aider des territoires plutôt qu'à aider des individus. Aider des territoires, ça veut dire aider tout le monde, celui qui veut s'en sortir, mais aussi celui qui ne fait rien pour cela. Ça permettait à la société de se dérober et d'ignorer qui il fallait aider, c'est-à-dire les personnes issues de l'immigration maghrébine et d'Afrique noire. On n'a pas eu le courage de dire cela et on s'est protégé avec l'aide au territoire. Deuxième erreur: on a fait du social là où il fallait offrir du travail. On a aidé les colonies de vacances, on a créé des terrains de football, on a distribué des subventions là où il fallait donner une formation. Troisième erreur: on a refusé de regarder le problème des banlieues en face. On a nié l'existence de bombes à retardement à dix minutes du centre de la capitale de la France et de la plupart de ses villes. Quatrième erreur: on a laissé à penser qu'on pouvait confondre générosité et impunité. L'impunité, ce n'est pas de la générosité, c'est de la complicité. Voilà les quatre erreurs et les quatre changements de cap profonds que je souhaite réaliser.

Quelle faute y a-t-il derrière ces quatre erreurs?
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«A force de décrire une France qui n'existe pas, c'est-à-dire des Français tous égaux, on ne résoud pas les problèmes»


N. S. Si on devait trouver une faute qui résumerait tout, c'est la lâcheté. Lâcheté, parce qu'on n'a pas voulu dire que l'immigration est un problème qui existe. Lâcheté, parce qu'au fil des ans on a laissé le problème s'enkyster. Lâcheté, parce qu'on a trouvé plus facile de faire du collectif plutôt que de l'individuel. Lâcheté, parce qu'il était plus simple de distribuer des crédits dans une France en croissance, plutôt que d'obliger des gens à se former et à travailler. Lâcheté, parce qu'on s'est retranché derrière un concept, le modèle d'intégration à la française, sans se demander s'il était encore efficace. Lâcheté, parce qu'on n'a pas voulu poser la question d'une immigration choisie plutôt que subie.

Michel Rocard, le premier, a dit: «La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde.»

N. S. Comme souvent dans sa vie politique, Michel Rocard a porté là une idée neuve. Mais il n'en a tiré aucune conclusion. Le seul qui ait apporté une réponse, même si je la combats, c'est Le Pen, en disant: «N'accueillons personne.» Moi, je propose une troisième voie, la vraie, celle de l'immigration choisie au travers de quotas d'immigration. J'ajoute que l'action policière que j'ai engagée dans les quartiers ne s'arrêtera pas avec la fin des violences urbaines. La police va rester et nous allons éradiquer les trafics. Des affaires vont sortir dans les prochaines semaines. La vraie police de proximité, c'est que, désormais, le tiers des forces mobiles, au lieu d'être consacrées au maintien de l'ordre, s'installent durablement dans les quartiers, pour la sécurité quotidienne. Mais ce ne sera pas une police de proximité pour dire bonjour à des commerçants qui, par ailleurs, ont déserté ces quartiers, ce sera pour interpeller, pour protéger et pour punir chaque fois que ce sera nécessaire. La police va arriver dans les quartiers à 17 heures et partir à 4 heures du matin, parce que ce sont les horaires des voyous qui trafiquent de la drogue ou volent des voitures! Ça, c'est de la vraie prévention et de la protection. Demandez aux habitants de la Cité des 4 000, à La Courneuve, pourquoi elle est restée calme ces derniers jours! Demandez-leur si la situation n'a pas changé! Parlez aux vrais habitants de cette cité, où je suis allé trois fois, et vous verrez s'ils trouvent qu'il y a trop de police! L'action que j'ai engagée s'inscrit dans le long terme.

Encore faudrait-il que vous restiez ministre de l'Intérieur longtemps!

N. S. Vous savez ce que disait Jacques Chaban-Delmas: «Rendez-vous lundi prochain, sauf la mort.» La volonté d'un homme politique, c'est de penser qu'il a le temps et il doit en tirer la conclusion qu'il doit commencer à travailler tout de suite.

Diriez-vous comme Philippe de Villiers qu'il y a des problèmes d'ethnicité dans nos banlieues?

N. S. Je ne reprendrai pas le langage de Philippe de Villiers, car, pour moi, il a des relents de discrimination raciste et je ne l'accepte pas. On n'est pas délinquant à cause de la couleur de sa peau.

Tous ces émeutiers sont d'abord français.
© T. Dudoit/L'Express




«On n'a pas été assez ferme sur le respect des devoirs et pas assez généreux sur l'expression des droits»


N. S. Ils sont tout à fait français juridiquement. Mais disons les choses comme elles sont: la polygamie et l'a-culturation d'un certain nombre de familles font qu'il est plus difficile d'intégrer un jeune Français originaire d'Afrique noire qu'un jeune Français d'une autre origine. Dire cela, c'est décrire une réalité qui explique que je veux faire plus pour eux. Il sont victimes d'une discrimination et je conteste cette idée que, sur la ligne de départ de la vie, on part tous du même point. Il y en a qui partent de plus loin, parce qu'ils ont un handicap, celui de la couleur, de la culture, du quartier. Il faut donc les aider. C'est le concept de discrimination positive à la française.

«Discrimination positive à la française», n'est-ce pas encore une formule creuse comme «modèle social français»?

N. S. Mais non! La discrimination positive à la française, c'est arrêter de considérer qu'on résout le problème des