"C'est la plus grosse interview que j'ai jamais donnťe"¬†

Mathieu Kassovitz

¬ę Je ne mens pas ¬Ľ
(Mathieu Kassovitz en entretien avec Isabelle Giordano.
Journal des abonnés de Canal +. Juin 1997)

Si vous avez d√©j√† lu et surtout vu des entretiens avec le ¬ę kasso ¬Ľ, vous pouvez, sans peine, vous faire une petite id√©e des √©preuves √† surmonter pour lui tirer les vers du nez. Entre diverses digressions (¬ę quoi ! t'as pas de lecteur LD ? ! Mais attends, en promo, tu peux en trouver un pour 2000 balles ¬Ľ), d√©stabilisation perverse de l'interviewer (¬ę Non mais ! tu lis un papier l√† ? ¬Ľ) et r√®gles de courtoisie sauvagement bafou√©es (¬ę Si tu persistes √† me vouvoyer, tu dois faire suivre chaque question de Monseigneur ! ¬Ľ), le ma√ģtre d'ouvre des plans-s√©quences de La Haine excelle dans l'art de foutre en l'air toute pr√©paration minutieuse d'une interview. Mais nom de dieu, quel pieds nous avons pris : √† chaque fois que nous raccrochions le combin√©, nous nous lancions tous dans une carmagnole endiabl√©e en repensant √† ce que le bonhomme venait de nous livrer. Nous sommes m√™me all√©s jusqu'√† nous laisser totalement dominer par le plaisir que nous nous prenions √† discuter le bout de gras avec le Pitoune d'Assassin(s), l'interview glissant vers une vraie discussion ou un d√©bat passionn√© (celui sur la nationalit√© de Crying Freeman √©tait particuli√®rement agit√©).
Tout cela pour vous dire que nous esp√©rons que vous aurez autant de satisfaction √† lire ¬ę la plus grosse interview que j'ai jamais donn√©e ¬Ľ (dixit Kassovitz, interloqu√©, au bout de plus de 5 heures d'entretien) que nous en avons eu √† la faire.

J.D.

I. Avant les longs (cinéphilie, apprentissage, trois courts.)

A partir de quel √Ęge as-tu commenc√© √† fr√©quenter les salles obscures (1) ?

D√®s un tr√®s jeune √Ęge en fait, √† partir de 6 ans √† peu pr√®s...

Est-ce-que ton père t'a poussé à découvrir le cinéma ?

Il m'a fait découvrir Spielberg, mais j'allais beaucoup rue des écoles à
Paris o√Ļ il y a pas mal de cin√©mas d'art et d'essais. Ils passaient beaucoup
de classiques des années 50.

Mean Streets de Scorsese est apparemment ton film préféré... Ca a vraiment été le film-déclic ?

Non, le film-d√©clic, qui m'a donn√© envie de faire du cin√©ma, a √©t√© le Dernier Combat de Luc Besson. Il y a aussi American Graffiti de George LUCAS, que j'ai vu pendant un an tous les samedis dans un cin√©ma √† c√īt√© du jardin du Luxembourg. Apr√®s le film, j'allais au seul Mc Donald's qu'il y avait √† l'√©poque √† Paris. Mean Streets est mon film pr√©f√©r√© au niveau de la cin√©matographie, de l'√©nergie que peut d√©gager un film. Le Dernier Combat est le film qui m'a vraiment fait prendre conscience qu'on √©tait pas forc√© de faire des films de vieux, qu'on pouvait faire un film de science-fiction avec peu d'argent.

Et Spielberg, tu l'a d√©couvert t√īt ?

Vers 10 ans. J'ai vu Duel à la cinémathèque, comme beaucoup de gens. C'est mon père qui m'a appris à comprendre le film. Ils me disait : "Regarde comment c'est fait, on ne voit pas le mec, pourtant il est là ; c'est pas un film fantastique et pourtant c'en est un...".

Tu connaissais le monde du fanzinat ?

J'avais fait plusieurs fanzines quand j'avais 15/16 ans avec des copains, dont un qui avait pour titre une réplique d'Outsiders de Coppola. Mais je ne me suis pas trop entendu avec eux parce qu'ils ne voulaient parler que du cinéma français. J'avais fait quelques critiques dont celle de Gremlins. Je les ais relues il n'y a pas longtemps, elles sont vraiment à chier !A 12/13 ans je faisais aussi des films d'horreur. J'en ai fait cinq, c'était du gore, c'était en plein Romero, en plein Argento : on trouvait des bras de mannequins, on les remplissait de sang et on les coupait à la hache. C'était la grande période du cinéma fantastique : la fin des années 70 et le début des années 80.

Romero, Argento... ce sont des cinéastes que l'on ne t'a jamais entendu citer et qui en tout cas ne transparaissent pas du tout dans tes films... Ca t'a pourtant très influencé ?

Tous les Wes Craven, Romero, les films des ann√©es 80...Il faut dire qu'√† l'√©poque il y avait le festival du film fantastique de Paris et j'y allais tous les ans. c'est l√† o√Ļ on a vu Evil Dead, Argento, certains Romero. C'√©tait la grande p√©riode, m√™me dans les gros films des studios am√©ricains : les Vendredis 13, les Halloween... Les meilleurs Carpenter datent de cette √©poque. En vid√©o, c'√©tait l'√©poque des Ren√© Ch√Ęteau.

Et Bruce Lee ?

J'aime bien Bruce Lee mais je préfère les films de Kung-Fu plus délirants comme ceux des frères Shaw, Les Cinq Doigts de la Mort par exemple. Les films de Bruce Lee étaient déjà un peu plus sophistiqués. Mais moi je préférais les films d'horreur.

Evil Dead par exemple...

Ouais, Evil Dead quand on l'a vu au festival de Paris, ça a été la claque. Sam Raimi a osé faire ce que nous n'avons jamais osé faire, et en plus à un niveau professionnel. C'était la même époque que Le Dernier Combat et cela faisait partie d'un élan de mecs qui faisaient des films avec rien.

Tu as connu Mad Movies quand c'était encore un fanzine ?

Oui, je me rappelle du passage du fanzine au professionnel, c'était juste avant. Il y avait L'Ecran fantastique aussi. Après est arrivé Starfix.

Starfix : dès le numéro 1 ?

J'ai pas trop cru à Starfix au début. J'étais branché très très Mad Movies. Starfix faisait des projections le dimanche matin. Il fallait un ticket pour entrer mais pour ça il fallait être abonné. Le problème c'est que j'avais pas de thunes pour m'abonner. Donc je dessinais mes propres tickets (rires).

Ils le savent maintenant ?

Oui, Nicolas Boukhrief m'a même dit : "T'es con, tu nous en aurais demandé, on t'en aurait filé des tickets". J'allais là-bas et je regardais de quelle couleur était le ticket, j'allais dans une papeterie acheter le même papier et je le reproduisais chez moi. Ca me prenait deux heures ! Et chaque dimanche matin je flippais. On se levait quand même tous les dimanches matin à 8 heures et on a vu des trucs super.

Est-ce que vous vous considérez comme un réalisateur cinéphage, à l'image de Christophe Gans ?

Non, non. Mais Gans est un malade, il va loin dans son d√©lire. A c√īt√© de lui, je ne tiens pas dix secondes. Il conna√ģt tout, il a tout vu, il a un avis sur tout ! Moi je suis pas tellement cin√©phile. J'ai vu beaucoup de films, mais je ne me rappelle plus des titres des trois quarts et du nom des r√©alisateurs de la moiti√©.

Lors de la promotion de La Haine, ta référence était Spielberg... Tu revendiquais un certain cinéma...

Depuis les premi√®res interviews que j'ai faites, les deux personnages dont je parlais √©taient Spielberg et Besson. C'√©tait √† l'√©poque o√Ļ tout le monde crachait sur eux. J'ai vu Le Dernier Combat avec mon p√®re et, √† la sortie, il m'a dit : "le mec qui a fait √ßa a 23 ans". Moi, j'avais 17 ans je me suis dit : "Ca y est. C'est bon. J'arr√™te l'√©cole". Il y a aussi le cin√©ma fran√ßais des ann√©es 30/40/50. Ca s'arr√™te avec Melville. Apr√®s, c'est le
trou. Il y les films d'Yves Robert : Le Grand Blond, Un Eléphant ça Trompe Enormément, Nous irons tous au Paradis qui sont pour moi des chefs-d'oeuvre. Après, il ne se passe plus rien pendant des années, jusqu'à Beneix, Besson.

Quel est ton film préféré de Spielberg ?

Je ne peux pas aimer plus Duel que Rencontres du Troisième Type et je ne peux pas aimer plus Jaws que 1941...Ca n'arrête pas.

Que penses-tu de son évolution ? Le catastrophique Lost World par exemple ?

Il ne faut pas s'inqui√©ter. Spielberg n'a pas vraiment assur√© le tournage de Jurassic Park 2, il n'a pas pris de risques pour asseoir sa carri√®re et √™tre tranquille. Le premier JP est g√©nial et √©tonnant et Lost World est beaucoup moins int√©ressant parce qu'il est beaucoup plus commercial.Mais les mecs perdent...Quand on regarde les r√©alisateurs que l'on aime, leurs trois/quatre premiers films sont les meilleurs. C'est l√† o√Ļ il y le
plus d'énergie. Scorsese, par exemple, a fait New-York New-York parce qu'il ne savait plus quoi faire. Taxi Driver et Mean Streets restent pour moi beaucoup plus intéressants que Les Affranchis. Cela demande une telle énergie de faire un film que ce sont généralement les premiers qui sont les plus puissants. C'est pour ça que je préfère quand même Mean Streets à Taxi Driver parce que Mean Streets est plus représentatif de ce qu'est le cinéma libre.

Peut-on dire que La Haine est en quelque sorte un remake français de Mean Streets ?

On a tous piqué tellement de trucs à tellement de gens que ça se retrouve. J'ai revu il n'y a pas longtemps Do The Right Thing de Spike Lee et j'ai retrouvé aussi énormément de choses.

Tu as eu l'occasion de rencontrer ces gens ? Spielberg par exemple ?

Non, j'ai √©t√© dans les bureaux de Amblin parce qu'ils m'avaient demand√© de passer les voir pour leur proposer des trucs. Ne connaissant pas les r√®gles, je suis arriv√© les mains vides. Ils m'ont demand√© : "Vous avez quoi √† nous proposer ?", moi j'avais rien √† proposer alors je leur ai r√©pondu : "Il y a une chose √† faire, ce serait une adaptation du dessin anim√© de Dragon Ball Z avec Jackie Chan et Jet Lee". Ils m'ont regard√© avec de ces yeux...Voil√† c'est ma seule rencontre avec Spielberg, en fait il √©tait dans la pi√®ce √† c√īt√©. Mais un jour je lui tomberai dessus je lui demanderai : "POURQUOI ?, COMMENT CA MARCHE?"

On peut parler de Luc Besson ?

Oui...

On aime beaucoup Le Dernier Combat et pour certains d'entre nous ses premiers films, mais on a du mal à comprendre que Jan Kounen et toi puissiez défendre un film comme Le Cinquième Elément ?

Pourquoi ?

C'est un film qui nous a affligés : il utilise tout l'héritage de Métal Hurlant sans que la réalisation suive.

Je suis admiratif de Luc pour ce qu'il arrive à faire vis-à-vis du public. Le Cinquième, il l'a fait ! Maintenant, on peut critiquer la réalisation, les décors, les inspirations, mais en tous cas, le mec, il a réussi. En plus, il s'amuse et on ne peut pas lui reprocher cela. Il fait des films sans prétention et je trouve cela bien. Moi qui l'ai vu travailler sur le plateau, je trouve que s'est un réalisateur très honnête. (2)

Tu n'as jamais fait d'école de cinéma...

Non, jamais.

Et des études ?

Non, je suis nul en études. J'ai préféré arrêter à 17 ans. A la fin de ma seconde, j'ai réussi à faire un stage.

C'est vraiment ton père qui t'as a mis la flamme ?

Depuis que je suis tout petit je vais sur les lieux de tournage. Mon père n'était pas un réalisateur extrêmement connu, il a surtout fait de la télévision. En 30 ans de carrière il n'a fait que deux longs-métrages qui n'ont pas marché. Il vient de faire son troisième avec Robin Williams...

Et toi-aussi...

Ouais, moi un peu mais... surtout Robin Williams (rires)... Comme j'allais sur les tournages, je me suis int√©ress√© aux cam√©ras tr√®s t√īt. J'ai d√©croch√© un stage √† 17 ans pendant l'√©t√© et je suis retourn√© √† l'√©cole ensuite. Puis l'hiver est arriv√© et la bo√ģte de production m'a rappell√© pour faire un autre stage. J'ai dit √† mes parents que j'allais accepter ce stage, que maintenant je m'occupais de moi-m√™me. Je suis pass√© deuxi√®me assistant-r√©alisateur sur un film de Paul Boujenah avec Michel Boujenah et Zabou qui s'appelait : Moiti√© moiti√©. Super film ! (rires). Ensuite, premier assistant sur des films industriels, mais j'√©tais tellement mauvais que j'ai d√©cid√© de faire quelque chose.

Ton premier court-métrage : Fierrot le Pou...

Oui, avec l'argent que j'avais mis de c√īt√© c'est-√†-dire 20 000 francs. Mon p√®re m'a dit de faire avec ce que j'avais, donc : muet, une cam√©ra pr√™t√©e par un voisin, qui est devenu mon chef op' par la suite. La cam√©ra √©tait une Bolex √† ressorts, si bien que les plans ne duraient pas plus de trente secondes. Mon objectif, c'√©tait de le tourner. De faire un premier montage pour pouvoir trouver une vraie table de montage...

D'o√Ļ l'arriv√©e de Lazennec...

J'avais un premier montage en vid√©o, j'avais film√© l'√©cran de ma Stenbeck avec un cam√©scope et je me baladais avec ma cassette pour la montrer aux gens. Il fallait faire le son, refaire du montage. Comme je travaillais pas mal dans le clip, les gens me disaient : "on va mettre de la musique dessus et √ßa va faire un clip". J'ai bien s√Ľr refus√©. Puis un jour je suis tomb√© chez Lazennec. Je les connaissais d√©j√† parce que quand j'avais 17 ans j'avais √©crit Cauchemar Blanc et j'avais √©t√© les voir. Mais √† l'√©poque, il n'y avait pas encore Christophe Rossignon et ils ne faisaient que des courts-m√©trages.Nous n'avons pas pu le faire √† l'√©poque. C'est quand ils ont produit Un Monde sans Piti√© que j'y suis revenu. C'est la premi√®re fois que je voyais
Christophe Rossignon. Il venait d'arriver depuis une semaine et il était en train de réparer la photocopieuse. J'étais un de ses premiers "clients", il m'a suivi sur les finitions de Fierrot le Pou et on a continué ensemble.

Fierrot le Pou est techniquement déjà assez impressionnant...

Je suis assez content de Fierrot le Pou parce que techniquement il est assez carré. Le découpage est assez fluide. C'est le court-métrage dont je suis le plus satisfait.

Le film était il storyboardé ?

Oui, bien s√Ľr. Tout √©tait pr√©par√©. Il y a un plan sur moi juste avant que je fasse le smatch et que je me transforme. C'est un travelling compens√© (3) et un passage de la vitesse normale au ralenti. Sur la Bolex on √©tait trois √† manipuler des boutons aussi grands que des boutons de manchettes... Au cours du tournage on d√©couvre des trucs. Moi, par exemple, je ne savais pas que l'on pouvait changer la vitesse de la cam√©ra pendant un plan.

Quel était le reste de l'équipement à part la caméra Bolex ?

Il y avait une Dolly western (un plateau avec des grosses roues), qui nous √† co√Ľt√© 300 frs la semaine, et un pied de cam√©ra. C'est tout.

Personne n'a été payé ?

Non. On a juste payé un peu la mairie de Paris pour le gymnase.

Quelle était l'idée motrice de Fierrot le Pou ?

De faire un court-métrage avec très peu d'argent... Avec un court tu ne peux pas faire : un début, un milieu et une fin. Tu as un début et une fin. Généralement, c'est bien quand c'est des petits gags ou des choses très simples. Je jouais aussi beaucoup au basket à l'époque et j'avais des potes blacks qui jouaient beaucoup mieux que moi. C'est très énervant.

Qu'est ce que t'a apporté Fierrot le Pou ? Plus de facilité pour monter Cauchemar Blanc ?

Fierrot le Pou n'a pas été si apprécié que cela. Ca rentre pas trop dans le cadre des courts-métrages que l'on eut trouver dans un festival.En fait, j'avais déjà déposé une dizaine de courts-métrages au C.N.C. qui ont tous été refusés. Il y avait même une parodie du Dernier Combat qui s'appelait Le Dernier Coup Bas.

Pour Cauchemar Blanc, Moebius t'a-t-il fait payer les droits ?

Non, il les a donnés. Il est très cool !

Le fait d'adapter une BD t'a-t-il imposé des plans ?

En fait moi je ne suis pas très content du court-métrage. C'était très difficile de tourner parce qu'il y avait des vents de 100 km/heure. Par exemple, on ne pouvait pas mettre de projecteurs sur pieds, ils étaient tous à terre.
La cabine téléphonique se mettait à glisser toute seule. On était tous de travers. Je me suis un peu planté avec le découpage aussi. Mais c'est agréable d'adapter une BD parce qu'on visualise tout de suite l'ambiance qu'on va donner au film.

Qu'est ce que Moebius a pensé du court-métrage ?

Il a dit que c'était super parce qu'il est très gentil. Maintenant. je ne sais pas.

Il y avait une belle brochette d'acteurs...

Ouais...Daroussin, Athal, qui sortait du film de Rochant [Un Monde Sans Pitié NDLR]... il y avait une bonne énergie sur ce court.

Il y a aussi un beau plan-séquence au début...

Je me suis un peu planté là dessus. Cela m'a pris quatre heures pour fairele plan-séquence et j'ai pas eu le temps de faire la suite comme je voulais. En fait, j'ai beaucoup appris avec ce court.

Après Cauchemar Blanc, tu voulais faire tout de suite Métisse ?

Oui, mais comme je voulais jouer dans Métisse, on s'est dit, Christophe et moi, qu'il vaudrait mieux faire un troisième court-métrage avant. On a donc fait Assassin qui nous a permis de tester une équipe de tournage que je réutiliserais sur Métisse et voir comment je me débrouillerais sur un film beaucoup plus structuré, dans un huis clos, sans véritable histoire. Un exercice de style en fait.

Le court-métrage avait déjà beaucoup choqué à l'époque ?

Oui, il avait été interdit aux moins de 16 ans. J'ai reçu des lettres du Ministère de la Culture disant que c'était un appel au meurtre. tout cela signé par Jack Lang. Quand La Haine a marché, j'ai reçu une lettre de la même personne me disant : "Je suis Jack Lang, je trouve ça très bien...". Le film a fait quelques festivals mais c'était pas trop l'ambiance de l'époque.

Il y a un thème récurrent dans ton oeuvre : les miroirs...

C'est vrai que je les ai beaucoup utilisés. Je trouve que dans les trucages les plus simples, ceux qui utilisent des miroirs sont les plus beaux. Que se soit celui des Marx Brothers ou dans la version longue de Terminator, lorsque Schwarzenegger se fait opérer la tête.

Jan Kounen nous avait déclaré qu'il n'aimait pas le milieu du court-métrage, que c'était un milieu de péteux. As tu ressenti la même chose ?

J'ai pas vraiment fréquenté ce monde là, j'ai du faire 2/3 de festivals ou j'ai pas été très bien accueilli. Mais ceci dit, je ressens la même chose pour le long-métrage. Si les gens du court-métrage sont des péteux, ceux du long-métrage sont des super-péteux. Ce qui est surtout chiant, c'est le milieu C.N.C., ceux qui décident de qui va avoir l'argent. Ca c'est très péteux et ça ne bouge pas, il faut toujours faire le même style de films.